GREVE DE LA FAIM DE J. LASSALLE : LE FOND ET LA FORME

Publié le par Ego

Ne nous méprenons pas ! L'action du député béarnais bien que discutable m'inspire du respect. Je pense néanmoins que dans sa forme comme dans son fond elle est criticable.

Critique de la forme

J'estime qu'on ne peut, lorsqu'on est député, se soustraire au processus démocratique afin de défendre une cause aussi noble fut-elle. La grève de la faim est un procédé tandancieux dans la mesure où il s'agit d'une forme de chantage consistant en la prise en otage d'un corps. Certes il s'agit de son propre corps et à ce titre vous me rétorquerez qu'on peut faire ce qu'on veut, néanmoins on oblige ainsi le parti contre lequel on s'élève à décider de notre vie ou de notre mort, chose pour le moins criticable. D'autant qu'on peut se demander où ce type de chantage doit s'arrêter : Puis-je faire une grève de la faim pour protester contre l'implantation de logements HLM dans ma ville (l'exemple volontairement choisi, fait référence à la prise de position de tout un village français pour justement protester contre de tels logements sociaux) ? Est-il possible d'organiser si on est un futur bénéficiaire de ces logements une contre-grève de la faim ? Qui l'emporterait ? Celui qui survit le plus longtemps ?

On voit bien que la grève de la faim soulève des problèmes complexes. Je ne vais pas faire une grève de la faim pour exiger qu'un certain site d'over-blog dont le contenu m'offense soit fermé, car tout le monde y à droit.

Dès lors on comprend que c'est le droit qui doit permettre de trancher, or faire une grève de la faim c'est subsituer la morale collective à la justice légale, procédé non-démocratique s'il en est, puisque si la justice s'exerce à l'endroit de chacun d'une manière analogue, l'ordre moral  est bien souvent biaisé par le contexte.

 

Critique du fond

Depuis tout petit, je considère que la vie d'un homme où qu'il vive sur la Terre a la même valeur.

Notre cher député béarnais (à qui je souhaite de conserver toute sa santé) dénonce une délocalisation. Premièrement je ne comprends pas qu'une délocalisation, aussi lointaine fut-elle, soit si mal considérée. Ces mêmes personnes qui adoptent des enfants dans les pays en développement où qui donnent de l'argent aux associations aidant les habitants des pays les plus défavorisés, s'élèvent avec force lorsqu'il s'agit de fermer une usine en France pour l'ouvrir ailleurs ! Alors que nous savons tous que le développement passe dans une large mesure par des investissements (directs étrangers : IDE) dans les pays émergents, investissements qui ne sont pas des aides et qui à ce titre vlorisent les populations locales. Aussi je ne comprends pas que l'on puisse refuser qu'un habitant de pays émergent accède à l'emploi (et donc, soyons honnêtes, à une part de la richesse mondiale) sous prétexte qu'on suprime des emplois en France. Cela reviendrait à considérer qu'un étranger à moins de valeur qu'un Fançais !

Enfin, revenons à notre député et comprenons que tout le raisonnement exposé plus haut ne s'applique même pas dans la situation présente puisque : l'usine Toyal en question ne sera déplacée qu'à 65 Km ! (Notons par ailleurs que la direction de Toyal Europe a démenti tout projet de délocalisation, parlant "d'extension" d'activité ; Le Monde 04/04/06).

 

Vraiment je ne comprends plus rien !

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Ego 28/12/2006 12:19

Merci Olibo pour cet éclairage historique !

Olibo 27/12/2006 18:13

Il se trouve que je connais personnellement le problème.
Désolés pour les Forrester en herbe, mais je vais vous décevoir.
Il se trouvait dans le Béarn des Gaves un bassin, où il y avait autrefois un gisement, un très gros gisement  : le gaz de Lacq.
Dans cette zone très rurale (mais déserte) sont arrivées des cheminées, des gazoducs, des gens pour travailler. Une ville a été construite, très moche :  Mourenx. Pour y loger tous ces gens.
Et puis le gisement s'est tari. Les cheminées se sont (presque toutes) éteintes, une à une. Mais que faire des gens ?
Il se trouve que ce bassin disposait, puisqu'on y avait investi beaucoup d'argent, d'infrastructures, d'une zone de no man's land, d'une proximité de l'A64, à 1/4 d'heure de Pau, deux heures de Bordeaux et Toulouse, à 3/4 d'heure de la frontière espagnole...
Un cadre idéal pour y installer une industrie un peu polluante... (rappelons qu'il en faut., comme des centrales nucléaires, mais c'est un autre débat...)
Un certain fabriquant de peinture japonais ,Toyal (rien à voir avec le pays Toy tout proche), souhaitant investir en Europe et plus particulièrement en France (si si  il y en a !), passant par là (et surement aidé par la direction de Total, chargée de redynamiser la zone) s'y trouva bien et décida d'y construire une usine, sachant qu'en plus, il en possédait une, plus petite, à 60 kilomètres à peine, dans la vallée d'Aspe (celle de l'ours et de Lassalle odnt bien entendu Lacq ne fait pas partie de sa circonscription...).
Mais, le frère de Jean Lassalle, le seigneur de la vallée,  était berger et travaillait à l'usine susdite. Il se dit (traduit difficillement du Béarnais de la montagne, différent de celui des Gaves) : Dia ! Si je dois aller travailler à Lacq, diu biban ! qui va s'occuper de mes brebis, hil de put ?
Voilà, on connait la suite. A coup d'argent public, on va "sécuriser" la vallée, on va créer une zone nécessaire à la construction d'une usine Seveso 2, caserne de pompiers, circulation des camions etc...
Sérieusement, je suis de tout coeur avec mes frères de la montagne et pour que perdure une ruralité génératrice de produits dont je suis le premier promoteur et consommateur, mais y construire une usine de ce type, alors que nous nous disposions d'un site clés en main, avec tous les chômeurs de l'industrie chimique pour y travailler, à 60 kilomètres de là, est-ce ça le combat pour sauvegarder notre industrie ?
Lassalle, les Béarnais ne te disent pas tous merci !

Ego 15/04/2006 15:23

Amusant comment vous juger de moi sans me connaître...
 
Ego

tonton Ravachol 15/04/2006 09:35

*****************************************************************************************************************************************" Tu ne comprends plus, tu ne comprends rien...." C'est "peut-être" parce que tu es plus proche de HAYEK ou de FRIEDMAN que de LENINE...Et si tu mouillais ta chemise pour une fois...vas en usine, vas à la rencontre de ces travailleurs explique leur que 65 km plus loin c'est pas grave que c'est rien....surtout pour un planqué comme toi !Le député Lassalle on devrait le décorer 2 fois !La première pour son courage et sa détermination à défendre sa région jusqu'a donner sa vie. La seconde pour avoir fait la médiatique démonstration que nos problèmes de surcharges pondérales sont bien liés à une consommation excessives de calories !Tonton Ravachol plus proche de RAVACHOLet de la bande à BONNOT que de Royal et la bande à Jospin....

Ego 15/04/2006 02:21

Juste une question pour Vinz : Quel est concrètement le problème que pose une délocalisation ? 
 
Ego