LES PROPOSITIONS DU MPF DE DE VILLIERS IMPOSENT QU'UNE MISE AU POINT SOIT FAITE CONCERANT LES ALLOCATIONS FAMILIALES !

Publié le par Ego

Samedi soir dernier (le 20/01/07) Laurent Ruquier dans son émission On n’est pas couché, a reçu M. Guillaume Peltier, porte parole du MPF de Philippe de Villiers. Celui-ci au milieu d’une litanie de propositions s’est déclaré favorable à une suppression des allocations familiales pour les étrangers.
 
Il s’agit de la proposition n°36 du programme du MPF : Valoriser leur mission [celle des familles], c’est donner la priorité aux familles françaises.
=> Réserver les allocations familiales aux familles de nationalité française au service d’une grande politique démographique nationale.
 
J’aimerais revenir sur ces propos qui traduisent une incompréhension des mécanismes de redistribution des prestations sociales.
 
En effet en prônant cette mesure, le MPF participe d’un processus de désinformation allant dans le sens de ceux qui prétendent qu’il n’est pas normal que l’Etat soit aussi généreux avec les Français qu’avec les étrangers.
Or il est nécessaire de comprendre que les allocations familiales ne sont en rien une preuve de la générosité de l’Etat, mais le reversement de cotisations sociales des travailleurs.
La théorie de l’agence (voir ici) nous enseigne qu’elles répondent d’un processus comparable à un double contrat où chaque agent est respectivement le principal et l’agent de l’autre. Contrat d’assurance d’une part : le travailleur cotise régulièrement, ce qui l’assure « contre le risque » d’avoir un enfant. Contrat d’investissement d’autre part : l’Etat prête aujourd’hui pour l’éducation d’un enfant, qui remboursera cet emprunt au cours de sa vie sous la forme d’impôts divers. Le tout favorisant la natalité.
 
Toutes les prestations sociales en France procède d’un procédé comparable : les allocations pour le chômage ou la maladie correspondent également au reversement de cotisations et non à un don de l’Etat.
 
 
Donc il n’est possible de refuser le versement des allocations familiales aux étrangers (sans entrer dans des considérations morales ou idéologiques) qu’à condition d’admettre également que ces travailleurs étrangers ne cotisent plus, et donc, aient un revenu supérieur aux Français (à travail équivalent). La différence de revenu pourrait d’ailleurs leur permettre de cotiser auprès d’organismes privés qui joueraient des rôles analogues à celui de la CAF notamment.
 
En conclusion, la mesure paraît très difficile à mettre en place car, en segmentant les types de cotisants selon leur nationalité, il s'agit de revenir sur le principe fondamental de cotisation obligatoire. 
Il peut paraître intéressant et même légitime, de faire porter le débat sur ce dernier point mais là encore, il est indispensable de questionner M. Peltier afin de voir comment le MPF envisage la question si on ne veut pas rester en superficie du problème. Or comme régulièrement (voir ici), personne ne s'est prêté à ce questionnement sur le plateau...pas même Eric Zemmour.
 
 
 

Publié dans Présidentielles 2007

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jasmin 03/02/2007 13:10

@ Stéphane

Bien sûr que les professions libérales perçoivent les allocations familiales en France (j'en ai été pendant de longues années).
En Nouvelle Calédonie, territoire d'outre mer, les allocations familiales sont réservées aux seuls salariés.
Par contre, en France, nous n'avons pas droit aux ASSEDICS par exemple.


Pour en revenir au fil, serait-il indécent d'évoquer des situations pas très normales et qui tendent à se multiplier.
Pour les "étrangers", qui viennent s'installer en France, aucun problème à mes yeux et pourquoi pas.
Mais...en ce qui concerne la perception des aides sociales, ne faudrait-il pas qu'ils justifient d'un travail dans notre pays, pendant un temps idéal, pour y songer et y avoir droit ?


Je pense que ce serait considérer avec pudeur tous les autres contribuables et cotisants.

Stéphane 29/01/2007 23:03

Bonsoir,
la remarque est intéressante concernant les allocations familiales. Elle a néanmoins une limite : les allocations familiales sont déjà, en pratique, financées par des catégories professionnelles qui n'y ont pas droit : l'ensemble des professions libérales : médecins, pharmaciens, dentistes etc. Ceux-ci payent les allocations familiales alors qu'ils sont exclus du processus de redistribution.
 

Sam VI Roi des carrottes rapées & des chaussettes 24/01/2007 17:25

en plus d'etre xenophobe et raciste, les propositions de deVilliers ne reposerait donc sur rien ??!! pas vrai ....au final... encore un qui n'aura pas ma voix ! et sinon qu'est qu'on mange ce soir....

oua 23/01/2007 20:34

Bravo pour ce blog intelligent !

em 23/01/2007 15:14

C'est incroyable comment l'argumentation politique de certains reposent sur..........rien