LA REVOLUTION LIBERALE VIENDRA DU SUD !

Publié le par Ego

                    Mme Lagarde, ministre française déléguée du commerce a rencontré hier (23/01/07) M. Mandelson commissaire européen au commerce pour lui faire part du refus de la France de toute concession en faveur de la poursuite de la libéralisation des échanges au sein de l’OMC comme le préconise le Doha round.
 
Depuis novembre 2001, le Doha round doit en effet mettre un frein aux subventions accordées par les pays avancés à leurs agriculteurs et aux droits de douane qui pèsent sur les importations de produits agricoles. Ces mesures qui permettent de baisser artificiellement le prix des biens agricoles domestiques bloquent ainsi les débouchés des marchandises en provenance des pays en développement.
Suspendu depuis juillet 2006, le Doha round s’est une fois encore heurté aux intérêts français. Notre gouvernement refuse qu’un pas en faveur de la libéralisation des échanges soit fait, et bloque la poursuite des négociations à l’OMC, tandis que les USA et l’UE étaient prêts à relancer les négociations.
 
 
On croit souvent que la libéralisation des échanges est une revendication des pays riches s’inscrivant dans le processus de la mondialisation et qui nuit donc, naturellement, aux pays les plus pauvres (messages véhiculés par les alter mondialistes notamment).
Or il est avéré que nous, occidentaux, finançons massivement nos produits agricoles (la moitié du budget de l'Union Européenne sert la Politique Agricole Commune) et/ou que nous taxons les importations, afin de rester compétitifs face à des pays qui, eux, ont des coûts de production moins importants.  
A qui profite le crime ?
 
 
- Par exemple imaginez un agriculteur européen à qui 1 tonne de blé coûte 20 euros (coût de production = engrais, main d'œuvre, etc.), s'il veut gagner 10 euros pour vivre il doit la vendre 30 euros.
- Son homologue brésilien, pour qui le coût de revient d’une même tonne de blé n’est que de 10 euros et qui n'a besoin que de 5 euros pour vivre, peut la vendre 15 euros.
=> A ces prix le consommateur préfèrera le blé brésilien.
 
Or, pour reprendre notre exemple, l'Europe va rémunérer son agriculteur afin de lui permettre de vendre son blé moins cher que le brésilien (par exemple 14 euros la tonne) sans qu'il ne détériore son pouvoir d'achat, i.e. en lui maintenant un salaire de 10. Je vous laisse faire le calcul, l'Europe donne 16 euros par tonne à ses agriculteurs.
 
 
Ces mesures nuisent donc à l’essor des agriculteurs au sein des pays en développement, et aux consommateurs au sein des pays avancés, en maintenant une pression à la hausse sur des prix de vente qui auraient tendance à baisser.
 
D’une part la véritable aide au développement ne peut pas consister en une aide humanitaire sans que ne soit revue notre politique commerciale qui favorise une distorsion de la concurrence internationale.
Et d’autre part, on ne peut revendiquer une hausse du pouvoir d’achat en France sans faire porter le débat sur cette question.
 
La libéralisation des échanges peut être une chance pour les pays pauvres et pour les pays riches, à condition que des lois inégalitaires ne maintiennent pas les privilèges de certains.
 
 
 
Evidemment, les différents candidats à l’élection présidentielle ne s’expriment pas sur cette question…trop complexe.

Publié dans Pays en développement

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Mateo 29/09/2007 21:59

"Entretien du paysage". Manque lus que Charles Trenet (que j'apprécie au demeurant) chantant "douce France" et le tableau sera complet (en l'occurrence, je pense que c'est plutôt celui du radeau de la Méduse…).
Personnellement, je préfère voir un paysage de forêts que de champs. Chacun ses goûts.

"Développement rural": j'appelle ça plutôt une mise sous perfusion étatique… Au nom de quoi faut-il protéger un groupe (ici celui des paysans) au détriment d'un autre (l'argent a bien été pris à quelqu'un d'autre)? Au nom de quoi la corporation des paysans mérite-t-elle plus d'être aidée que celle des informaticiens, des imprimeurs ou des fabricants de binious irlandais?

"Découplage": quel progrès! Nos chers politiciens ont compris récemment (la nouvelle règle étant appliquée depuis 2006) qu'il était stupide d'allouer des aides proportionnellement à la quantité produite… Alors ils décident que ce sera dorénavant proportionnel à la surface de culture (bonne idée pour inciter les producteurs à utiliser des surfaces plus grandes inutilement)… Mais ça, c'est le cas simple, celui du découplage "total". Alors certains, comme la France, ont décidé qu'il fallait des règles plus compliquées et encore plus arbitraires en optant pour le découplage "partiel": pour chaque catégorie de produit, le taux de subvention est différent, et il va sans dire, arbitrairement fixé… Génial!

"Ecoconditionnalité": depuis peu, la PAC subordonne le paiement des aides agricoles au respect des normes environnementales… alors que de l'autre côté elle a incité depuis sa création et incite toujours à polluer d'avantage… Plus ils font des lois stupides, plus ils en rajoutent de nouvelles pour contrecarrer les effets pervers des premières… Jusqu'à ce qu'ils s'aperçoivent que les nouvelles ont également des effets pervers que l'on tentera de limiter par de nouvelles lois. Et ainsi de suite…

Le deuxième pilier, est composé par ce que je décris auparavant et par "l'amélioration de la compétitivité" (par des subvenions, il va sans dire). Pas besoin de se répéter.

Agronome 19/02/2007 16:21

La PAC en sert pas qu'à financer des productions mais aussi l'entretien du paysage, le développement rural etc. Visiblement, vous n'avez jamais entendu parler de découplage, d'éco-conditionnalité des aides ou de deuxième pilier de la PAC !

Borista 06/02/2007 03:48

Tout à fait d'accord avec l'essentiel de cet article. Mais je relève une erreur à la fin. Vous écrivez :

"Evidemment, les différents candidats à l’élection présidentielle ne s’expriment pas sur cette question…trop complexe."

C'est inexact. Tout récemment, François Bayrou a dénoncé publiquement cette situation et a appelé à ce qu'on mette fin à ce scandale. Je le cite de mémoire, n'ayant pas la référence ni le texte exacts de cette intervention, mais elle ne devrait pas être très difficile à retrouver. Il est très probable qu'il ait dit ça à Pau, le 1er février, compte tenu de ce que l'on peut lire ici :

http://www.agrobiosciences.org/imprime.php3?id_article=1638

J'y relève la phrase suivante : "François Bayrou ne s’est pas exprimé sur l’utilisation des OGM dans l’agriculture, relate l’AFP, mais il a lancé une violente diatribe contre la PAC, comparant les subventions agricoles versées par l’Union européenne (UE) à une "drogue qu’on injecte" aux agriculteurs."

Rodolphe ROUS 31/01/2007 07:55

tout à fait d'accord sur ce point. Les Alter mondialistes jouent trop souvent sur l'inculture économique du pus grand nombre pour véhiculer des idées fausses.
En matière agricole, il est clair qu'un libre échange total serait à l'avantage des pays du sud... Pour s'en convaincre, il suffit d'étudier les revendications de chacun à l'OMC

noemie 26/01/2007 10:08

Sympa la propagande FN non argumentée sur un blog qui est sensé pousser à la réflexion ! Y en a qui ont un véritable don pour se ridiculiser