LE MEDEF : BEAUCOUP DE DESACCORDS AVEC L'UMP

Publié le par Ego

Le MEDEF a clairement décidé de peser dans la campagne électorale. Pour s’en convaincre il suffit de lire le discours (version intégrale ici, trouvé sur le site des Echos) qu’a prononcé Laurence Parisot le 25 janvier 2007 devant plus de 6.000 personnes dont, évidemment, une large majorité de chefs d’entreprise.
 
 
Message essentiel :
 
Ce qui frappe à la lecture des propos de Mme Parisot, c’est d’abord sa volonté de dénoncer les déclinologues et les démagogues qui dressent un tableau sombre de la France, alors qu’elle, revendique la pérennité du génie français : « Aujourd’hui, le génie français, ce sont des entreprises et des pratiques d’excellence, des domaines de pointe, dans l’industrie, les services, le commerce. Le génie français, c’était hier, et c’est aussi aujourd’hui, n’en déplaise aux déclinologues ».
Néanmoins la responsable du mouvement patronal, dénonce la situation économique actuelle : « La France se savait prospère dans les années 1960. Elle en est moins sûre aujourd’hui. Faisons tout pour que notre pays ait plaisir à redevenir prospère. »
Le constat est donc simple, les Français ont gardé tout leur génie, pourtant ils ne parviennent pas à renouer avec la prospérité des Trente Glorieuses. Ce qui permet à Laurence Parisot d’introduire son thème : c’est parce que les Français manquent de liberté qu’ils ont perdu la prospérité : « Notre mot d’ordre, c’est besoin d’air ! »
 
Cette proposition semble faire du mouvement patronal un soutien solide à la droite française et pourtant…
 
 
Clairement pas à gauche, mais finalement pas si à droite que ça
 
Il est intéressant de constater que si le mouvement s’oppose radicalement au programme du parti socialiste : « Seraient mortels pour notre économie, par exemple, une augmentation du SMIC sans aucun lien ni avec les gains de productivité et ni avec l’inflation, ou encore d’abrogation de la loi de 2003 sur les retraites alors que chacun sait qu’elle n’est que la première étape des réformes nécessaires ».
 
Il entre également en opposition avec certaines propositions de la droite, et pas les moins importantes :
 
- Commerce international : Mme Parisot s’est exprimée en faveur de la poursuite de la libéralisation de échanges, y compris pour les services, comme le préconise le Doha round (voir ici). Or le candidat de l’UMP s’est, à Charleville-Mézières (18/12/2006) puis lors de sont investiture, exprimé en faveur d’une taxation des importations ne respectant pas les normes internationales (i.e. la plupart). En outre à Charleville-Mézières il avait exprimé ses réticences face au libre-échange et s’était clairement dit favorable à une protection du marché français.
       
- Taxation des entreprises : Autre mesure défendue par Nicolas Sarkozy, et qui va à l’encontre des souhaits du MEDEF pour qui « L’hyper réglementation […] oppresse et opprime », la taxation des entreprises qui détruisent des emplois.
 
- Environnement : Pour Laurence Parisot il ne faut pas croire que « la planète irait mieux si nous étions encore plus accablés d’impôts », alors que le candidat de l’UMP préconise de « taxer le pollueur ».
  
- L’Europe : La responsable du MEDEF a déclaré « Mais qu’on […] accuse l’Europe et qu’on la soupçonne de nous appauvrir est très injuste ». Au contraire Nicolas Sarkozy lors de sa visite de la France qui souffre (18/12/2006), fustigeait la Banque Centrale Européenne.
 
- Priorité économique : Le message du MEDEF est clair : « Mesdames et Messieurs les candidats à l’élection présidentielle, il ne doit pas y avoir d’autre priorité économique et sociale que la réduction rapide et significative du chômage en France ! Toutes les autres difficultés s’en trouveront dans la foulée immédiatement simplifiées : la nouvelle pauvreté, le pouvoir d’achat, les déficits publics et l’endettement, le financement des retraites, mais aussi l’insécurité, la délinquance ». Tandis que Nicolas Sarkozy se refuse à définir des priorités claires en matière de programme.
 
 
Gardons-nous toutefois de penser qu’aucune revendication du MEDEF ne colle avec les propositions de l’UMP :
- Revaloriser l’image de l’entreprise, moteur de la croissance.
- Allègement de la pression fiscale sur les entreprises.
- Flexibilité des 35 heures avec possibilité d’accords au sein de chaque entreprise.
- Redéfinir la relation patronat-syndicats.
- Repenser le code du travail pour faciliter l’embauche et le licenciement (modèle du CNE).
 
...sont autant de propositions que l'on retrouve à la fois chez le MEDEF et l'UMP !
 
 
 
 
       
    

Publié dans Présidentielles 2007

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Commenter cet article

Ego 14/02/2007 18:22

@ Olivier : Parfaitement d'accord avec vous !
Néanmoins, il est me semblait intéressant de faire remarquer que reprocher au MEDEF de rouler pour l'UMP avait ses limites..
Ego

Olivier 14/02/2007 16:00

Je ne suis pas sûr que la question de savoir si le MEDEF se range plutôt à droite ou plutôt à gauche soit une bonne problématique : leur objectif, si l'on en croit Laurence Parisot, est plutôt de proposer un diagnostic sur l'état social et économique du pays. Voir à ce sujet leur blog www.besoindair.fr
 

ed 05/02/2007 14:49

 
 
D'accord avec filaplomb ! S'il n'y avait pas de gains de productivité je ne comprends pas comment on pourrait expliquer que malgré les 35 heures, les entreprises fassent des profits supérieurs aujourd'hui à ce qu'ils étaient il y a 10 ans 

nona 04/02/2007 12:12

@ filaplomb : qu'est ce qui vous fit dire ça ?

filaplomb 02/02/2007 10:07

Les gains de productivité ont déjà eu lieu avant et après les 35 heures.Les salaires ont été gelés depuis 5 ans dans les PME.L'augmentation du SMIC est donc un juste retour sur l'effort au travail déjà accompli !:-)