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Présidentielles 2007

Samedi 17 décembre 2005

Soyons clair dès le départ : Je n'aime pas les idées du FN !

Moralement, elles sont néfastes pour l'Humanité.

Historiquement, je les trouve mensongères.

Socialement, elles sont inefficaces.

Economiquement, elles sont parfaitement ineptes.

Politiquement, elles s'avèrent dangereuses.

 

Toutefois, je ne comprends absolument pas l'attitude générale qui vise à bailloner les défenseurs de ce courant politique qui, je vous le rappelle, a représenté 20% des Français aux dernières élections présidentielles. D'une part, l'absence de députés FN à l'assemblée nationale et d'autre part leur mise à l'écart de tout débat sociétal (alors que Denisot invite A. Laguiller à son Grand Journal sans états d'âme) me semble non seulement injuste mais surtout dangereux !

La critique qu'on adresse généralement à Sarkozy est de séduire les électeurs du FN pour s'attirer leur faveur. Le problème n'est pas qu'il les séduise, mais comment il les séduit !

En effet, il est souhaitble que ces électeurs reportent leur voix vers d'autres partis. Je souhaite même qu'aucun électeur ne vote plus pour le FN et à moins de les envoyer tous sur une île déserte, il s'agit bien qu'ils reportent leur voix sur d'autres partis !

Ce qui est choquant, en revenche, c'est que pour les séduire Sarkozy leur sert le même discours que celui de M. Le Pen. Le vrai problème est qu'en refusant le débat avec les tenants de l'extrême droite, la société rompt toute forme de dialogue et ainsi toute possibilité de convaincre les électeurs de l'ineptie de leurs idées.

J'affirme que ce n'est pas en éloignant la bête immonde que l'on peut la battre et que cette attitude tend au contraire à inciter certains politiques mal intentionnés à utiliser ses idées néfastes et simplistes (mais qui plaisent) pour servir leurs propres intérêts.

 

Par Ego
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Jeudi 30 mars 2006

Et si les enjeux politiques dépassaient la politique ?

Les gouvernements qui se succèdent depuis longtemps nous ont montré la difficulté de réformer en France. Une des explications que je donne à ce phénomène consiste en une trop forte politisation de la mesure publique.

Je m'explique !

Le politique joue un jeu ambigü, certes il a son rôle noble : améliorer le bien-être des citoyens. Mais ce rôle qu'il joue entre en parfaite opposition avec son essence, à savoir l'expression éphémère de la volonté de ces mêmes citoyens.

En effet, en démocratie, pour agir il faut être élu et pour être ré-élu, il faut que l'action menée satisfasse les électeurs. Ainsi l'action du gouvernement est-elle nécessairement freinée par le désir de conserver une place à long terme sur le plan politique.

La situation actuelle concernant le CPE, nous en donne le parfait exemple. En effet nous admettons tous que dans le contexte de ces derniers jours, la décision que prendra le gouvernement (ou le chef de l'Etat) sera biaisée par les prochaines élections présidentielles. Ajoutons à cela que 50% des parlementaires n'ont comme unique revenu que leur salaire de député (-maire pour certains d'entre eux) et nous comprendrons mieux la tendance actuelle à un rejet total du CPE qui consiste, au moins dans une certaine mesure, en une défense de leur siège de député face aux prochaines législatives.

Or une mesure impopulaire n'est pas nécessairement mauvaise ! Rappelons que lorsque la peine de mort fut abolie en France en 1981, une majorité de Français était hostile à cette abolition. 

Aussi même sans entrer dans le débat sur la justification du CPE, peut-on s'interroger sur la possibilité de prendre une mesure forte face aux échéances électorales.

 

Face à une telle situation, la seule sortie de crise réside dans une pragmatisation de la politique. Pragmatisation qui ne peut se faire qu'en utilisant la question économique dans le cas du CPE. 

J'aimerais que le débat repose non plus sur l'avenir d'un gouvernement, mais sur le caractère pertinent ou non de ce Contrat sur le plan de la résorption du chômage, question trop peu, voire pas, abordée...  

Par Ego
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Mercredi 10 janvier 2007

Avant-hier soir, dans l’émission Mots Croisés présentée par Yves Calvi (08/01/07), Marine Le Pen (FN) s’est exprimée en faveur d’une hausse des quotas sur les produits importés qui menaceraient notre tissu industriel. Ses propos parfaitement illégitimes, n’ont pourtant ému aucun des débatteurs présents sur le plateau !

 

Mme Le Pen s’est prêtée à un petit jeu parfaitement orchestré et conçu pour frapper les esprits : Elle se jette sous la table et remonte son sac à main, dans lequel elle plonge pour en ressortir tout un tas d’objets. D’une main elle brandit une tenaille qu’elle nous apprend avoir payé 1 € et qui aurait été fabriquée en Chine, dans l’autre elle tient un produit analogue, mais de production française cette fois, qu’elle aurait payé 14,50 €.

L’image est forte, les propos qui suivent également : Elle nous explique en effet qu’il est parfaitement impossible pour un industriel français de concurrencer son homologue chinois et donc que notre tissu industriel est voué à disparaître ! A moins que…

A moins que l’on taxe ces importations chinoises afin d’amener leur prix au niveau de ceux pratiqués par les producteurs français ! L’idée peut paraître séduisante, à première vue, et l’image choc aura probablement suffit à convaincre certains des téléspectateurs.

 

Pourtant un minimum de connaissance de l’économie traduit l’ineptie du propos.

En effet, Marine Le Pen oublie de rappeler que le fait que des consommateurs achètent ces produits importés (tenailles chinoises dans l’exemple, mais le panier est bien plus vaste) pèse favorablement sur leur pouvoir d’achat. Cette consommation extranationale permet en effet de reporter la part du revenu épargné sur des produits non importables, comme par exemple l’ensemble des services de proximité. En d’autres termes l’argent économisé sur l’achat d’une tenaille française à 14,50 € peut permettre d’aller plus souvent au restaurant, au cinéma, de payer notre abonnement Internet ou de téléphone portable…   

En outre, notons que si l’on décide de réduire nos importations grâce à des quotas, il est probable que nos partenaires économiques fassent de même avec nos propres exportations. Gardons alors à l’esprit que l’achat de 800 millions de chemises chinoises équivaut à la vente d’un unique Airbus A380. Et rappelons-nous de l’agacement et des menaces chinoises suite aux réticences européennes quant au démantèlement des accords multifibres en janvier 2005 ! (voir ici concernant une explication desdits accords).

 

 

Bref, croire que notre pouvoir d’achat augmentera si on fait le choix de l’autarcie, c’est affirmer que l’ensemble des théories économiques du commerce international nous trompent depuis Ricardo !

Il nous faut, probablement au contraire,  accepter que certaines industries disparaissent face à une concurrence internationale, et ce même si certains y perdent leur emploi, si en contrepartie 60 millions de Français bénéficient d’une hausse de leur pouvoir d’achat

 

Le défit qui se présente au futur gouvernement n’est donc pas de soustraire la France au commerce mondial dont chacun d’entre-nous tire avantage chaque jour, mais de la soustraire à la concurrence internationale en permettant à nos fabricants de tenailles de se reconvertir dans des industries pour lesquels nous avons de véritables avantages comparatifs.

Etrangement, les candidats à la présidentielle ne s’expriment pas sur ce type de question…

 

 

Par Ego
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Lundi 15 janvier 2007

 

Voici le discours d'investiture de N. Sarkozy pronconcé hier (14/01/06) et dont vous allez beaucoup entendre parler cette semaine...

Trouvé sur le site du Figaro.

Par Ego
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Mardi 16 janvier 2007
Avant d’entrer dans le fond du sujet intéressons-nous brièvement à la forme :
On remarque assez vite que Sarkozy a bien changé, comme il le répète à plusieurs reprises lors du discours. La voix est plus posée que d’habitude, les gestes ont perdu en amplitude et gagné en sérénité. Peut-être la gestuelle est-elle d’ailleurs plus importante encore que le propos, mais étant parfaitement incompétent dans ce domaine, je m’en remettrai à une analyse du verbe…
 
Voici les points majeurs, selon moi, dudit discours et des morceaux choisis qui les illustrent :
 
 
Utiliser la mémoire collective pour émouvoir
Sarkozy joue avec aisance sur la fibre sensible de l’inconscient collectif. Sortir du rationnel pour augmenter son charisme, émouvoir pour convaincre, le procédé est éprouvé depuis longtemps, mais peu sont capables en politique, d’arracher des larmes avec autant d’aisance que le candidat de l’UMP.
 
- « Je veux rendre hommage à Jacques Chaban-Delmas, général de la résistance à 29 ans »
- « J'ai changé quand j'ai visité le mémorial de Yad Vashem dédié aux victimes de la Shoah »
- « Je me suis dit alors que c'était cela la politique : faire barrage à la folie des hommes en refusant de se laisser emporter par elle »
- « A Tibhirine, j’ai compris ce qu'est la force invincible de l'amour et le sens véritable du mot « tolérance » »
- « Car elle n'est pas finie la France. Parce que dans mon coeur comme dans mon esprit, la France ne veut pas, ne doit pas, ne peut pas mourir »
- « Le but de la République c’est d’arracher du coeur de chacun le sentiment de l’injustice »
 
 
Rappeler sa simplicité, ses faiblesses et sa proximité
Sarkozy n’est pas un énarque et il compte bien en faire une force. Il joue à maintes reprises sur le registre du mimétisme avec les électeurs. Même ses échecs personnels font sa force.
 
- « Cette émotion qui me submerge au moment où je vous parle, je vous demande de la recevoir simplement comme un témoignage de ma sincérité, de ma vérité, de mon amitié »
- « moi petit Français au sang mêlé »
- « J'ai changé parce qu'on change forcément quand on est confronté à l'angoisse de l'ouvrier qui a peur que son usine ferme »
- « On ne peut pas partager la souffrance de celui qui connaît un échec professionnel ou une déchirure personnelle si on n’a pas souffert soi-même. J’ai connu l'échec, et j'ai dû le surmonter »
 
 
Rester dans l’affectif pour traiter de l’économique 
Néanmoins, si l’utilisation d’une symbolique de l’ordre de l’émotionnel peut séduire a priori, Nicolas Sarkozy fait également un pari risqué dans la mesure où il a tendance à traiter des sujets concrets sous un angle analogue. Dès lors son argumentation se fait plus fragile.
 
- « Opposer ce sentiment religieux à la morale laïque serait absurde »
=> Pas si absurde que ça si on prend le temps de relire Averroès, St Thomas d’Aquin, Machiavel, Hobbes ou Locke.
 
- « Je veux que les entreprises qui investissent et qui créent des emplois paient moins d’impôt sur les bénéfices »
=> Puisqu'il fait partie de la vie d'une entreprise de créer des emplois à certains moments et d'en détruire à d'autres, cela signifie-t-il que leur taxation dépendera de leur santé ? Plus vous allez bien, moins on vous taxe, plus vous allez mal, plus on vous pressure ! Intéressant, ça nous rapelle son idée de taxer les entreprises qui délocalisent...
 
- « Le travail est dévalorisé, la France qui travaille est démoralisée »
=> La grande majorité des Français travaille, jouer avec le sentiment d’injustice ressenti par la population est attrayant, mais risqué car il est difficile de lutter contre cette sensation qui repose sur de l’irrationnel.  
 
- « Je veux taxer le pollueur plutôt que le travailleur »
=> Si la taxation du pollueur doit permettre de régler les problèmes de pollution, ce qui semblait logique jusqu’ici, elle n’a rien avoir avec la question de la taxation du travailleur. Si maintenant Sarkozy décide que les pollueurs compenseront la diminution de la taxation du travailleur, encore faut-il montrer l’efficacité et l’acceptabilité de la mesure.
 
- « Je veux taxer les importations qui ne respectent pas les normes internationales plutôt que le travail »
=> Taxer les importations est inepte (cf. mon article sur Marine Le Pen ici). Quelles normes internationales ? Taxerons-nous les importations en provenance des USA car le pays n’a pas ratifié le protocole de Kyoto ? Est-il légitime d’imposer nos règles au reste du monde ?
 
- « Mais je veux avoir la liberté de dire que l'Europe doit se doter de frontières, que tous les pays du monde n'ont pas vocation à intégrer l'Europe à commencer par la Turquie. A s'élargir sans limite on prend le risque de détruire l'union politique européenne, je ne l'accepterai pas »
=> Mettre la Turquie sur le même plan que le reste du monde en matière d’intégration dans l’Union Européenne c’est insultant pour ce pays à qui une promesse a été faite il y a plusieurs décennies. En l’occurrence la Turquie renforcerait l’union politique européenne (cf. mon article ici).
 
- « La concurrence doit être loyale. Ce n'est pas loyal d'imposer à nos entreprises de se battre avec des concurrents qui ne respectent aucune règle environnementale, sociale, morale »
=> On ne peut imposer ces règles aux pays émergents, alors que nos économies avancées se sont développées sans elles. Par ailleurs, quel est le standard moral dont il parle ?
 
 
Conclusion, le double jeu du rassemblement politique : menace ou opportunité ?
Si Sarkozy se veut rassembleur de la droite, jusqu’à l’extrême, à laquelle il s’adresse sans complexe (il fait référence à Jeanne d’Arc et a tendance à stigmatiser les immigrés), il se réclame également d’une gauche qui ne se reconnaîtrait pas dans Mme Royale et n’hésite pas à citer Blum ou Jaurès.
Ce procédé traduit une stratégie duale : d’un côté on voit bien sa volonté de lisser son image et de contredire les sondages qui encore aujourd’hui montrent qu’il est inquiétant pour beaucoup de Français. D’un autre il maintient sa séduction sur l’extrême droite
Le procédé ne risque-t-il pas d'être contre productif ?
 
- « Ma France, c’est celle des Français qui votent pour les extrêmes non parce qu’ils croient à leurs idées mais parce qu’ils désespèrent de se faire entendre. Je veux leur tendre la main »
- « Ma France, c’est celle des travailleurs qui ont cru à la gauche de Jaurès et de Blum et qui ne se reconnaissent pas dans la gauche immobile qui ne respecte plus le travail »
- « Ma France, c’est celle de tous ces Français qui ne savent pas très bien au fond s’ils sont de droite, de gauche ou du centre parce qu’ils sont avant tout de bonne volonté »

- « Je n'accepte pas qu'on veuille habiter en France sans respecter et sans aimer la France. Je n'accepte pas qu'on veuille s'installer en France sans se donner la peine de parler et d'écrire le Français »

- « Je combats la loi des tribus parce que c'est la loi de la force brutale et systématique »

=> De quelles tribus parle-t-il ?

- «  La République réelle à laquelle je crois c’est celle qui veut une école de l’autorité et du respect où l’élève se lève quand le professeur entre, où les filles ne portent pas le voile, où les garçons ne gardent pas leur casquette en classe »

=> Voile et autorité ? Je ne crois pas que la question soit là.

- « Nous ne pouvons plus continuer avec une Europe sans préférence communautaire, où un pays membre peut décider unilatéralement de régulariser massivement ses immigrés clandestins sans demander l’avis de personne alors que ses frontières sont ouvertes »

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Ego
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Jeudi 18 janvier 2007
Nous constatons tous que, par manque d'idées, ces présidentielles prennent une tournure particulièrement déplorable. J’ai essayé de comprendre pourquoi les débats, quand il y en avaient, étaient si ternes et comment on pouvait y remédier.
 
Il m’apparaît que tout peut s’expliquer par la manière dont sont traitées les propositions des candidats.
Ces derniers disposent de trois voies pour s’exprimer et émettre leurs propositions :
- Lors des meetings, où le candidat (ou ses conseillers) s’adresse à un public conquis.
- Lors des débats télévisés ou radiophoniques, où les candidats s’affrontent sur des sujets divers et/ou sont confrontés à des journalistes.
- Enfin à travers leurs programmes, version écrite de leurs discours.
 
Or dans tous ces cas, on remarque  que, premièrement, pour être attractifs auprès des électeurs ils leur faut brasser un maximum de sujets en un temps particulièrement réduit, ce qui les oblige à rester en superficie. Et d’autre part, n’étant confrontés qu’à leurs adversaires politiques ou à des journalistes, qui ne maîtrisent pas mieux qu’eux les sujets pointus, leurs propositions ne font l’objet d’aucune remise en cause.
 
L’intervention de Marine Le Pen dans l’émission Mots Croisés du 08/01/07, nous en donne un bon exemple : elle s’engage sur un sujet d’économie internationale, fait des propositions totalement ineptes. Mais personne ne la remet en cause, ni les journalises, ni ses débatteurs (voir mon article ici).
 
 
Puisque il est indispensable que les électeurs votent en fonction d’idées et non pas de qualités d’orateur ou d’une sympathie apparente, il est nécessaire qu'on leur donne la possibilité de se forger une opinion sur du concret.
Une des solutions envisageables serait de confronter les candidats à des experts pendant un temps suffisamment long pour qu’ils puissent exprimer un avis poussé et en permanence discuté.
 
 
Un exemple : Les solutions pour l’emploi en France ?
 
S. Royal (ou N. Sarkozy, ou F. Bayrou, ou J-M Le Pen, etc. ils y passeront tous) accompagnée de deux experts choisis par ses soins, doit s’exprimer face à trois économistes dont les travaux dans le domaine de l’emploi sont reconnus.
C’est elle-même qui définit l’objectif de sa politique : par exemple faire passer le niveau du chômage en dessous de la barre des 5 % en 5 ans.
Elle explique très clairement les mesures qu’elle compte mettre en place et dispose pour cela du temps qu’elle souhaite. Les experts peuvent intervenir à tout moment, remettre en cause ce qu’elle propose, la contredire, l’approuver, l’inciter à explorer des voies dont elle n’avait pas perçu l’intérêt à l’origine, lui demander des estimations chiffrées en terme de coût.
Cette confrontation peut durer le temps qu’elle désire, tant qu’elle en a envie elle peut continuer, (pourquoi pas 5, 6 voire 8 ou 9 heures si besoin). A chaque fois qu’un des économistes l’emmène sur un terrain nouveau, elle dispose de 20 minutes pour réfléchir et préparer sereinement une réponse à la question avec ses experts avant de la présenter.
La confrontation est entièrement filmée, les propos sont répertoriés. On met le tout à disposition des électeurs.
 
 
L’intérêt essentiel du procédé est que les candidats sont confrontés à des spécialistes qui peuvent porter un jugement sérieux sur leurs propositions et qui les poussent donc à aller au bout de leur raisonnement. Aussi ne suffit-il pas de dire « il faut redonner le goût du travail aux Français », mais il est nécessaire d’expliquer quels sont les moyens qui vont être utilisés et quel en sera le coût.
On substitue donc au jugement des journalistes celui d’experts, capables de poser les bonnes questions et qui ne se contentent pas d’interroger les candidats sur leur actualité politique.
Par ailleurs, le procédé a le mérite de développer des think tanks sur des sujets variés qui peuvent émettre des idées et un jugement objectif sur les différentes propositions.
 
 
 
Reste encore à convaincre les candidats de se soumettre à ce difficile exercice (« grand oral ») qu'ils peuvent trouver menaçant car il ne s’agit plus d’endormir les électeurs avec de longs discours imprécis.  
Il faudrait commencer par réunir une équipe d’experts, le sujet de l’emploi me semble un bon début (premier think tank). On pourrait par la suite proposer l’exercice aux différents partis, il suffirait que l’un d’entre eux l’accepte pour que la machine soit lancée…
 
 
Qu’en pensez-vous ?
 
 

*Merci à Tonio, notre discussion sur le sujet est à l’origine de cet article.

Par Ego
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Lundi 22 janvier 2007
Samedi soir dernier (le 20/01/07) Laurent Ruquier dans son émission On n’est pas couché, a reçu M. Guillaume Peltier, porte parole du MPF de Philippe de Villiers. Celui-ci au milieu d’une litanie de propositions s’est déclaré favorable à une suppression des allocations familiales pour les étrangers.
 
Il s’agit de la proposition n°36 du programme du MPF : Valoriser leur mission [celle des familles], c’est donner la priorité aux familles françaises.
=> Réserver les allocations familiales aux familles de nationalité française au service d’une grande politique démographique nationale.
 
J’aimerais revenir sur ces propos qui traduisent une incompréhension des mécanismes de redistribution des prestations sociales.
 
En effet en prônant cette mesure, le MPF participe d’un processus de désinformation allant dans le sens de ceux qui prétendent qu’il n’est pas normal que l’Etat soit aussi généreux avec les Français qu’avec les étrangers.
Or il est nécessaire de comprendre que les allocations familiales ne sont en rien une preuve de la générosité de l’Etat, mais le reversement de cotisations sociales des travailleurs.
La théorie de l’agence (voir ici) nous enseigne qu’elles répondent d’un processus comparable à un double contrat où chaque agent est respectivement le principal et l’agent de l’autre. Contrat d’assurance d’une part : le travailleur cotise régulièrement, ce qui l’assure « contre le risque » d’avoir un enfant. Contrat d’investissement d’autre part : l’Etat prête aujourd’hui pour l’éducation d’un enfant, qui remboursera cet emprunt au cours de sa vie sous la forme d’impôts divers. Le tout favorisant la natalité.
 
Toutes les prestations sociales en France procède d’un procédé comparable : les allocations pour le chômage ou la maladie correspondent également au reversement de cotisations et non à un don de l’Etat.
 
 
Donc il n’est possible de refuser le versement des allocations familiales aux étrangers (sans entrer dans des considérations morales ou idéologiques) qu’à condition d’admettre également que ces travailleurs étrangers ne cotisent plus, et donc, aient un revenu supérieur aux Français (à travail équivalent). La différence de revenu pourrait d’ailleurs leur permettre de cotiser auprès d’organismes privés qui joueraient des rôles analogues à celui de la CAF notamment.
 
En conclusion, la mesure paraît très difficile à mettre en place car, en segmentant les types de cotisants selon leur nationalité, il s'agit de revenir sur le principe fondamental de cotisation obligatoire. 
Il peut paraître intéressant et même légitime, de faire porter le débat sur ce dernier point mais là encore, il est indispensable de questionner M. Peltier afin de voir comment le MPF envisage la question si on ne veut pas rester en superficie du problème. Or comme régulièrement (voir ici), personne ne s'est prêté à ce questionnement sur le plateau...pas même Eric Zemmour.
 
 
 
Par Ego
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Vendredi 26 janvier 2007

 

            
             Hier soir sur France 2 (25/01/06), Arlette Chabot recevait dans son émission A vous de juger F. Hollande et F. Fillon pour un débat d’idées, rejoints plus tard par A. Laguiller et M. Le Pen.
 
Ce que je craignais (et que je dénonçais ici) s’est une fois de plus produit : L’incapacité de l’ensemble des intervenants à mettre en œuvre des analyses poussées, nous a contraint à rester en superficie des propositions pendant deux heures. 
Ainsi la situation que je dénonce concernant l’absence de débat d’idées de fond pendant les élections présidentielles fut-elle plus que jamais mise en lumière sur le plateau de l’émission :
Les candidats font des propositions qui doivent permettre d’atteindre des objectifs globalement similaires (croissance, plein emploi, droit au logement pour tous, etc.), toutefois à aucun moment la question du processus qui permet, à partir des propositions, d’atteindre ces objectifs n’est abordée.
Pour cette raison il appartient, selon moi, à des experts d’intervenir en interrogeant les politiques, pour que le lien mesures / objectifs soit clairement établi. C'est en effet cela qui devrait permettre aux électeurs de se forger une opinion (voir ici ma proposition).
 
 
 
Voici la synthèse de ce qu’il faut retenir de l'émission :
 
 
François Fillon
- Nécessité de relancer la croissance en France. D’où l’intérêt d’aider les entreprises plutôt que de freiner leur développement en les taxant.
- Ramener le bouclier fiscal à 50% (contre 60% aujourd’hui)
- Les 35 heures sont responsables de la baisse de notre pouvoir d’achat.
- Il ne faut pas supprimer les 35 heures (ce serait trop rigide) mais laisser une marge de négociation (notamment en baissant la taxation des heures supplémentaires).
- Mettre en place un nouveau système de syndication, permettant une participation libre dès le premier tour.
- Développer un contrat de travail unique : un CDI flexible qui permet d’en finir avec les CDD.
- Fusionner ANPE et UNEDIC et éventuellement sous-traiter l’aide à la recherche d’emploi au secteur privé.
- Retraites : 41 ans de cotisation pour tous.
- Logement : supprimer le principe du dépôt de garantie grâce à une mutualisation du risque.
 
 
François Hollande
- Pourquoi promettre qu’on va baisser l’impôt alors qu’il n’y a pas d’argent pour contrebalancer cette diminution : dette publique de 1.200 milliards d’euros.
- Taxer davantage les bénéfices redistribués aux actionnaires et moins ceux qui sont réinvestis dans l’entreprise.
- Faire passer le SMIC à 1500 € (pas d’échéance précise).
- Il faut augmenter le volume des heures travaillées (il ne faut pas qu’une proportion des Français travaille plus, mais que tous les Français travaillent).
- Le contrat unique est une régression puisqu’il s’agit d’une généralisation du CNE à l’ensemble des travailleurs.
- Sécuriser le parcours professionnel : accompagnement individuel et faire en sorte que les formations correspondent à des demandes du marché.
- Poursuivre l’harmonisation des retraites entre le privé et le public.
- Trouver un modèle qui lierait les cotisations des retraites à la pénibilité du travail.
- Mise en place d’un service public du logement qui se porte caution pour les bas revenus.
 
 
Arlette Laguiller
- Augmenter l’impôt sur les bénéfices des sociétés.
- Permettre à la population de contrôler la comptabilité et les choix stratégiques des entreprises.
- Réquisition par l’Etat des entreprises qui déposent le bilan.
- Arrêt des subventions publiques aux entreprises.
- Créer un service public du logement avec réquisition des terrains pour construire.
- Utiliser le budget militaire pour le logement : en 2 ans plus personne dans la rue. 
 
 
 
 
Marine Le Pen
- Fermer nos frontières pour nous protéger contre la concurrence déloyale (voir ici pour une analyse précise du propos).
- Stopper l’immigration qui pèse à la baisse sur les salaires.
- Réduire les impôts pour redonner du pouvoir d’achat.
- Mesures en faveur du logement social.
 
 

Par Ego
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Mardi 30 janvier 2007
Le MEDEF a clairement décidé de peser dans la campagne électorale. Pour s’en convaincre il suffit de lire le discours (version intégrale ici, trouvé sur le site des Echos) qu’a prononcé Laurence Parisot le 25 janvier 2007 devant plus de 6.000 personnes dont, évidemment, une large majorité de chefs d’entreprise.
 
 
Message essentiel :
 
Ce qui frappe à la lecture des propos de Mme Parisot, c’est d’abord sa volonté de dénoncer les déclinologues et les démagogues qui dressent un tableau sombre de la France, alors qu’elle, revendique la pérennité du génie français : « Aujourd’hui, le génie français, ce sont des entreprises et des pratiques d’excellence, des domaines de pointe, dans l’industrie, les services, le commerce. Le génie français, c’était hier, et c’est aussi aujourd’hui, n’en déplaise aux déclinologues ».
Néanmoins la responsable du mouvement patronal, dénonce la situation économique actuelle : « La France se savait prospère dans les années 1960. Elle en est moins sûre aujourd’hui. Faisons tout pour que notre pays ait plaisir à redevenir prospère. »
Le constat est donc simple, les Français ont gardé tout leur génie, pourtant ils ne parviennent pas à renouer avec la prospérité des Trente Glorieuses. Ce qui permet à Laurence Parisot d’introduire son thème : c’est parce que les Français manquent de liberté qu’ils ont perdu la prospérité : « Notre mot d’ordre, c’est besoin d’air ! »
 
Cette proposition semble faire du mouvement patronal un soutien solide à la droite française et pourtant…
 
 
Clairement pas à gauche, mais finalement pas si à droite que ça
 
Il est intéressant de constater que si le mouvement s’oppose radicalement au programme du parti socialiste : « Seraient mortels pour notre économie, par exemple, une augmentation du SMIC sans aucun lien ni avec les gains de productivité et ni avec l’inflation, ou encore d’abrogation de la loi de 2003 sur les retraites alors que chacun sait qu’elle n’est que la première étape des réformes nécessaires ».
 
Il entre également en opposition avec certaines propositions de la droite, et pas les moins importantes :
 
- Commerce international : Mme Parisot s’est exprimée en faveur de la poursuite de la libéralisation de échanges, y compris pour les services, comme le préconise le Doha round (voir ici). Or le candidat de l’UMP s’est, à Charleville-Mézières (18/12/2006) puis lors de sont investiture, exprimé en faveur d’une taxation des importations ne respectant pas les normes internationales (i.e. la plupart). En outre à Charleville-Mézières il avait exprimé ses réticences face au libre-échange et s’était clairement dit favorable à une protection du marché français.
       
- Taxation des entreprises : Autre mesure défendue par Nicolas Sarkozy, et qui va à l’encontre des souhaits du MEDEF pour qui « L’hyper réglementation […] oppresse et opprime », la taxation des entreprises qui détruisent des emplois.
 
- Environnement : Pour Laurence Parisot il ne faut pas croire que « la planète irait mieux si nous étions encore plus accablés d’impôts », alors que le candidat de l’UMP préconise de « taxer le pollueur ».
  
- L’Europe : La responsable du MEDEF a déclaré « Mais qu’on […] accuse l’Europe et qu’on la soupçonne de nous appauvrir est très injuste ». Au contraire Nicolas Sarkozy lors de sa visite de la France qui souffre (18/12/2006), fustigeait la Banque Centrale Européenne.
 
- Priorité économique : Le message du MEDEF est clair : « Mesdames et Messieurs les candidats à l’élection présidentielle, il ne doit pas y avoir d’autre priorité économique et sociale que la réduction rapide et significative du chômage en France ! Toutes les autres difficultés s’en trouveront dans la foulée immédiatement simplifiées : la nouvelle pauvreté, le pouvoir d’achat, les déficits publics et l’endettement, le financement des retraites, mais aussi l’insécurité, la délinquance ». Tandis que Nicolas Sarkozy se refuse à définir des priorités claires en matière de programme.
 
 
Gardons-nous toutefois de penser qu’aucune revendication du MEDEF ne colle avec les propositions de l’UMP :
- Revaloriser l’image de l’entreprise, moteur de la croissance.
- Allègement de la pression fiscale sur les entreprises.
- Flexibilité des 35 heures avec possibilité d’accords au sein de chaque entreprise.
- Redéfinir la relation patronat-syndicats.
- Repenser le code du travail pour faciliter l’embauche et le licenciement (modèle du CNE).
 
...sont autant de propositions que l'on retrouve à la fois chez le MEDEF et l'UMP !
 
 
 
 
       
    
Par Ego
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Mercredi 7 février 2007
 
Xavier Bertrand, notre excellent ministre de la santé (je le pense sincèrement), a présenté le 29 janvier 2007 un plan sommeil dont le budget est fixé à 7 millions d’euros et qui vise à mieux informer les Français sur les troubles du sommeil afin d’aider à les prévenir (son discours ici).
 
Il s’est notamment exprimé ainsi à propos de la sieste au travail :
 
« Pourquoi pas une sieste au travail ? La question ne doit pas être tabou. C'est pourquoi je souhaite lancer une expérimentation sur ce sujet avec des entreprises volontaires. Certaines ont déjà mis en place une sieste de 15mn durant la journée de travail. Je veux aujourd’hui des données sérieuses sur cette pratique, sur la manière dont elle est acceptée par les entreprises et perçue par les salariés, sur ses résultats concrets en termes de santé publique et d'organisation du travail. Si elle concluante, je n’hésiterai pas à promouvoir ce concept. »
 
 
Mais quelle mouche tsé-tsé l’a piqué ?
Notre ministre bienveillant nous propose une sieste de 15 minutes tous les jours ? Mais que fait Nicolas Sarkozy ? Vouloir faire dormir les Français au travail ? Alors qu’ils sont déjà si fainéants, si peu compétitifs
 
 
Petit calcul basique : 15 minutes de travail en moins par jour, c’est 1h15 par semaine, soit la semaine de travail qui passe de 35 heures à 33 heures et 45 minutes.
En d’autres termes une diminution du temps de travail global de 3,6 %.
 
 
Non mais qu’est-ce que c’est que cette idée qui va, à coup sûr, plonger la France dans davantage de marasme économique ?
J’espère bien que notre gendarme national du travail va intervenir, et vite, pour nous sauver de la tentation  de la paresse
 
A moins que… à moins que Xavier Bertrand soit parvenu à expliquer le principe des gains de productivité à son candidat favori ? (voir ici).
Affaire à suivre...
Par Ego
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