La récente affaire qui a secoué Apple (pas si récente que ça puisque le groupe annonçait déjà des irrégularités en Juin), soulève une énième fois une polémique autour de la rémunération des dirigeants par stock options.
Si beaucoup d’articles parus dernièrement dans les journaux « spécialisés » portent sur la question, bon nombre d’entre eux laissent pourtant planer le doute sur le concept même de stock options qui mériterait d’être éclairci.
J'essaie ici, selon une organisation simple, de rappeler les bases de ce principe de rémunération :
Pourquoi les stock options ?
Les stock options ont deux objectifs essentiels :
- Il s’agit d’une part de faire converger l’intérêt des cadres dirigeant vers celui des actionnaires, en intéressant les premiers à la valeur boursière de l’entreprise. Sur le plan économique, ce principe est supporté par
- Le second objectif essentiel du processus de rémunération par stock options est d’attirer des cadres à fort potentiel alors que les ressources de l’entreprise ne permettent pas de rétribuer, à leur valeur du marché, les managers performants (d’où leur succès dans les start-up).
Comment les stock options ?
Le principe de la rémunération par stock options est alors de permettre à certains managers d’acquérir des parts dans la société à un prix fixé à l’avance et donc, potentiellement, à un prix nettement inférieur à celui du marché au moment où les managers décident de lever leur option.
D’où la réalisation d’un bénéfice conséquent si le cours de l’action a monté entre le moment où l’option est posée et le moment où l’action est exercée.
Il s'agit donc d'un complément de rémunération variable et qui s'exerce à long terme.
Jusqu’où les stock options ?
Quels sont les principaux problèmes soulevés par ce mode de rémunération ?
- Le risque de délit d’initié : La plupart des scandales liés aux stock options concernent des actions manipulées ou antidatées par les dirigeants dans l’objectif de bénéficier d’un prix d’exercice le plus bas possible pour maximiser la plus-value. La question est alors de savoir s’il est possible de limiter les effets de l’asymétrie d’information qui oppose dirigeants-actionnaires et actionnaires classiques.
- Un impact limité sur la bonne gestion de l’entreprise par les dirigeants : Une étude de B. Hall & J. Liebman (Are CEOs Paid Like Bureaucrats?, Quaterly Journal of Economics, 1998) montre que les stock options ont tendance à réduire la sensibilité de la rétribution des cadres dirigeants à la performance de la société. Elles seraient donc contre-productives.
- Un contrat non optimal : Si la théorie de l’agence constitue le fondement théorique de la rémunération par stock option, elle en montre également la limite. En effet, le but du processus est de proposer un contrat optimal entre manager et actionnaire, or il apparaît que faire reposer une partie de la rémunération des managers sur la performance de la firme (souvent une grande part) ne peut être optimal pour le manager qui ne peut maîtriser l’ensemble des paramètres qui pèsent sur la performance de la firme.



En 2006, le chiffre d’affaires réalisé par le groupe était de 153,8 milliards d’euros, pour un résultat net de 12,6 milliards d’euros. Ces chiffres, dans l’absolu, semblent absolument faramineux, mais que signifient-ils vraiment ? Un chiffre d’affaires ne reflète pas grand-chose finalement puisqu’ils renvoient aux ventes en valeur de la firme, sans prendre en compte l’ensemble des coûts supportés par l’entreprise.
Premièrement, il est intéressant de remarquer qu’au-delà de l’image qu’on lui donne (gros monsieur, un cigare à la bouche, qui spécule cyniquement du haut de sa tour de verre), l’actionnaire est avant tout l’une des capacités essentielles de financement de l’entreprise.
Il faut être honnête, l’objectif premier d’une entreprise privée est de vendre son produit au prix le plus cher qu’un consommateur est prêt à mettre pour l’acquérir. Dès lors, on peut regretter que ces dernières années le cours du pétrole ait augmenté face à une demande mondiale croissante, mais on ne peut pas reprocher à l’industrie pétrolière d’en avoir tiré partie. D’autant que le décalage entre prix payé par le consommateur à la pompe et gain pour Total est considérable : lorsque nous dépensons 100 euros en essence pour notre voiture, environ 80 revient directement à l’Etat et seulement 20 au pompiste… Qui devrait-on blâmer quant au prix exorbitant d’un plein en France ?
L’idée de faire entrer les collectivités régionales dans le capital d’EADS n’est pas dénuée de sens, en effet si l’Etat devenait actionnaire du groupe il pourrait, effectivement, participer à la prise de décisions et donc notamment s’opposer à celles qui visent à supprimer ou à délocaliser des sites de production (ou autre)*.
Pour conclure, au-delà de la tragédie qui risque de toucher les salariés d’Airbus victimes du plan social en question, on se trouve confronté à un vrai choix de société posant la question du rôle de l’Etat en matière de sauvegarde d’emplois : jusqu’où les politiques en faveur de la lutte contre les suppressions d’emplois sont-elles efficaces ?
