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Entreprise : Stratégie & Organisation

Mercredi 3 janvier 2007

        La récente affaire qui a secoué Apple (pas si récente que ça puisque le groupe annonçait déjà des irrégularités en Juin), soulève une énième fois une polémique autour de la rémunération des dirigeants par stock options. 

Si beaucoup d’articles parus dernièrement dans les journaux « spécialisés » portent sur la question, bon nombre d’entre eux laissent pourtant planer le doute sur le concept même de stock options qui mériterait d’être éclairci.

J'essaie ici, selon une organisation simple, de rappeler les bases de ce principe de rémunération :  

 

 

Pourquoi les stock options ? 

Les stock options ont deux objectifs essentiels :

- Il s’agit d’une part de faire converger l’intérêt des cadres dirigeant vers celui des actionnaires, en intéressant les premiers à la valeur boursière de l’entreprise. Sur le plan économique, ce principe est supporté par la Théorie de l’Agence pour laquelle un principal (ici l’actionnaire) cherche à amener l’agent (le manager dans notre cas) à fournir un effort qui maximisera son propre intérêt.

-  Le second objectif essentiel du processus de rémunération par stock options est d’attirer des cadres à fort potentiel alors que les ressources de l’entreprise ne permettent pas de rétribuer, à leur valeur du marché, les managers performants (d’où leur succès dans les start-up).

 

Comment les stock options ?

Le principe de la rémunération par stock options est alors de permettre à certains managers d’acquérir des parts dans la société à un prix fixé à l’avance et donc, potentiellement, à un prix nettement inférieur à celui du marché au moment où les managers décident de lever leur option.

D’où la réalisation d’un bénéfice conséquent si le cours de l’action a monté entre le moment où l’option est posée et le moment où l’action est exercée.

Il s'agit donc d'un complément de rémunération variable et qui s'exerce à long terme.

 

Jusqu’où les stock options ?

Quels sont les principaux problèmes soulevés par ce mode de rémunération ?

-  Le risque de délit d’initié : La plupart des scandales liés aux stock options concernent des actions manipulées ou antidatées par les dirigeants dans l’objectif de bénéficier d’un prix d’exercice le plus bas possible pour maximiser la plus-value. La question est alors de savoir s’il est possible de limiter les effets de l’asymétrie d’information qui oppose dirigeants-actionnaires et actionnaires classiques.

-  Un impact limité sur la bonne gestion de l’entreprise par les dirigeants : Une étude de B. Hall & J. Liebman (Are CEOs Paid Like Bureaucrats?, Quaterly Journal of Economics, 1998) montre que les stock options ont tendance à réduire la sensibilité de la rétribution des cadres dirigeants à la performance de la société. Elles seraient donc contre-productives. 

-  Un contrat non optimal : Si la théorie de l’agence constitue le fondement théorique de la rémunération par stock option, elle en montre également la limite. En effet, le but du processus est de proposer un contrat optimal entre manager et actionnaire, or il apparaît que faire reposer une partie de la rémunération des managers sur la performance de la firme (souvent une grande part) ne peut être optimal pour le manager qui ne peut maîtriser l’ensemble des paramètres qui pèsent sur la performance de la firme.

Par Ego
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Vendredi 16 février 2007
              
               Il est de bon ton de dénoncer les résultats incroyables du groupe pétrolier français : 12,6 milliards d’euros en 2006, soit une augmentation de 5% par rapport à l’année précédente.
Mais que reproche-t-on précisément au géant du CAC 40 et ces critiques sont-elles légitimes ?
 
 
Critique morale
1. Existe-t-il un seuil à partir duquel les résultats d’une entreprise deviennent amoraux ?
 
En 2006, le chiffre d’affaires réalisé par le groupe était de 153,8 milliards d’euros, pour un résultat net de 12,6 milliards d’euros. Ces chiffres, dans l’absolu, semblent absolument faramineux, mais que signifient-ils vraiment ? Un chiffre d’affaires ne reflète pas grand-chose finalement puisqu’ils renvoient aux ventes en valeur de la firme, sans prendre en compte l’ensemble des coûts supportés par l’entreprise.
Le résultat net, quant à lui, n’a de sens que si on le compare à d’autres postes de dépense. A ce titre, il est intéressant de remarquer que le groupe a investi (hors acquisition) environ 11 milliards d’euros l’année dernière dans des projets d’exploration et production qui ont notamment pour but de réduire l’impact de l’augmentation des difficultés d’extraction sur le cours du brut à long terme.
En outre, la mission sociale de Total ne me paraît pas mal remplie. Sur l’ensemble de la planète les activités du groupe sont taxées à hauteur d’environ 12 milliards d’euros par an, pour comparer, l’UNICEF avait en 2001 un budget de 1,16 milliards d’euros (source Quid).
 
 
Critique sociale
2. La rémunération des actionnaires, le tiers du résultat net du groupe pétrolier, est-elle illégitime ?
 
Premièrement, il est intéressant de remarquer qu’au-delà de l’image qu’on lui donne (gros monsieur, un cigare à la bouche, qui spécule cyniquement du haut de sa tour de verre), l’actionnaire est avant tout l’une des capacités essentielles de financement de l’entreprise.
Alors sont-ils trop rémunérés ? Sur un plan purement stratégique il faut garder à l’esprit que les activités d’extraction, de transport et de distribution de pétrole nécessitent d’énormes besoins financiers qui obligent l’entreprise à séduire les actionnaires en leur redistribuant une part importante des bénéfices.
La question est ensuite de savoir si, d’une manière générale, la rémunération des actionnaires se fait au détriment des non-actionnaires qui participent également à la création de richesse au sein de l’entreprise : le fameux débat partage des bénéfices entre capital et travail. Quelle que soit la réponse que l’on donne à cette question, le phénomène est parfaitement indépendant du bon vouloir de Total et reflète une tendance générale des économies industrialisées (voir notamment le théorème de Stolper-Samuelson). Plutôt que de s’y opposer, il est possible de s’y adapter en favorisant l’accès de petits porteurs au capital des entreprises. En effet, les entreprises du CAC 40 sont détenues à 45% par des investisseurs étrangers. C'est-à-dire que, chose paradoxale, les dividendes reversés aux actionnaires par Total (groupe français) vont notamment permettre de payer les retraites des vieux américains qui se dorent la pilule sur les plages de Floride. Facilitons l’accession des Français aux fonds de pension et plus personne ne s’offusquera des résultats de Total.
  
      
Critique du consommateur
3. Les prix à la pompe sont-ils trop élevés par rapport aux bénéfices du groupe pétrolier ? Et Total doit-il protéger l’environnement ?
 
Il faut être honnête, l’objectif premier d’une entreprise privée est de vendre son produit au prix le plus cher qu’un consommateur est prêt à mettre pour l’acquérir. Dès lors, on peut regretter que ces dernières années le cours du pétrole ait augmenté face à une demande mondiale croissante, mais on ne peut pas reprocher à l’industrie pétrolière d’en avoir tiré partie. D’autant que le décalage entre prix payé par le consommateur à la pompe et gain pour Total est considérable : lorsque nous dépensons 100 euros en essence pour notre voiture, environ 80 revient directement à l’Etat et seulement 20 au pompiste… Qui devrait-on blâmer quant au prix exorbitant d’un plein en France ?
Enfin, une question qui revient souvent : le groupe pétrolier doit-il payer pour les problèmes environnementaux ? S’il est jugé coupable pour la catastrophe de l’Erika, il devra payer. Si ce n’est pas le cas, il est absurde de lui demander de le faire. Attendons donc le jugement. Par ailleurs, c’est déresponsabiliser le consommateur que de laisser penser que c’est le producteur qui doit payer pour des dégâts sur l’environnement. Nous sommes tous bien heureux d’utiliser nos voitures et tous les produits que nous consommons englobent, d’une manière ou d’une autre, du pétrole (ne serait-ce que parce que c’est l’énergie qui amène ces produits jusqu’à nous !), j’ai personnellement l’impression d’être mal placé pour demander des comptes à Total qui ne fait que satisfaire ma demande
 
Par Ego
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Lundi 5 mars 2007

 

 
  
Depuis quelques jours maintenant, dans le monde politique, chacun y va de son petit mot tendre à l’attention des salariés d’Airbus. Encore une fois l’actualité économique s’avère être un bon terreau de campagne. Mais le souci d’augmenter sa cote de popularité pour un politique est-il compatible avec la pérennité d’Airbus (et plus globalement de l’économie) à long terme ? Rien n’est moins sûr !
 
 
 
  
Analyse d’un paradoxe politico-économique
 
  
Ségolène Royal n’a pas perdu de temps. Elle s’est engouffrée bien rapidement dans la brèche de l’actualité…peut-être un peu trop !
  
- Il y a peu, elle fustigeait les entreprises destructrices d’emplois (voir ici), comme Nicolas Sarkozy avant elle (voir ici). Les deux candidats allaient en effet jusqu’à exiger une taxation supérieure ou le remboursement des aides allouées par l’Etat pour les mauvaises élèves : celles qui font le choix de fermer une usine alors que leurs profits augmentent.
- Aujourd’hui, face à la dure réalité, voilà qu’à gauche (mais aussi parfois à droite) une nouvelle idée surgit : il faudrait pour le cas EADS, que l’Etat (en l’occurrence les collectivités régionales) entrent dans le capital de la société pour éviter que des décisions de licenciement ne soient prises sans concertation avec les décideurs publics.
 
 
=> Ces deux initiatives qui se donnent chacune pour but de sauvegarder l’emploi sont pourtant radicalement opposées. J’ai déjà donné mon avis sur la première ici et , que penser maintenant de la seconde ?
 
 
 
L’idée de faire entrer les collectivités régionales dans le capital d’EADS n’est pas dénuée de sens, en effet si l’Etat devenait actionnaire du groupe il pourrait, effectivement, participer à la prise de décisions et donc notamment s’opposer à celles qui visent à supprimer ou à délocaliser des sites de production (ou autre)*.
Toutefois, cela ne peut se faire qu’à condition que sa prise de participation soit suffisante pour peser dans la balance. Et c’est là que le bas blesse
   
- Premièrement, rappelons que les capacités de financement des collectivités proviennent, évidemment, de l’impôt. Il serait donc bon d’interroger les citoyens sur l’utilisation que l’on fait de leur argent : Alors que chacun s’offusque des aides phénoménales qui sont déjà accordées aux entreprises (65 milliards d’euros en 2005 selon le Figaro, voir ici), quelle est la légitimité d’une prise de participation de l’Etat dans une entreprise ? L’Etat a-t-il vocation à acquérir des actions avec l’argent d’une majorité de contribuables pour défendre les intérêts d’une minorité de salariés ?
  
- Deuxièmement, selon quels facteurs l’Etat décidera, ou non, d’intervenir de cette manière pour soutenir une entreprise : le nombre de salariés, le chiffres d’affaires de la firme, la mauvais gestion, l’orientation stratégique, etc. ? Pourquoi, une fois encore, investir dans des géants internationaux et ne pas aider des petits acteurs qui rencontrent autant, voire plus, de difficultés et qui créent dans l’ensemble plus d’emplois ?
   
- Troisièmement, s’il y a de l’argent dans les caisses des régions, ne peut-on pas trouver des solutions plus efficaces (voire plus efficientes) pour préserver ou dynamiser l’emploi : Utiliser cet argent pour accompagner les salariés licenciés dans la recherche d’un nouvel emploi ou, pourquoi pas, dans la création d’entreprises. Financer des formations. Soutenir le tissu industriel local en aidant les petites entreprises (qui représentent 90% des emplois en France).
  
- Enfin dernier problème posé par la mesure (et pas des moindres), quelle peut être la gouvernance d’une entreprise qui compte parmi ses actionnaires différentes régions qui ont des intérêts directs dans la sauvegarde de leur propre bassin d’emplois. Va-t-on assister à une concurrence (comme c’est aujourd’hui le cas entre la France et l’Allemagne) entre les régions qui voudront s’assurer qu’en cas de grandes difficultés pour EADS, ce sera chez elle que les usines seront maintenues et pas chez la voisine ?
 
  
 
Pour conclure, au-delà de la tragédie qui risque de toucher les salariés d’Airbus victimes du plan social en question, on se trouve confronté à un vrai choix de société posant la question du rôle de l’Etat en matière de sauvegarde d’emplois : jusqu’où les politiques en faveur de la lutte contre les suppressions d’emplois sont-elles efficaces ?
N’est-ce pas un profond aveu d’impuissance que de lutter contre des destructions d’emplois, parfois inévitables, alors que les citoyens attendent des pouvoirs publics, qu’ils développent des solutions de long terme pour restaurer leur confiance ?  
 
  
  
* En réalité l'Etat français est déjà actionnaire d'EADS à hauteur de 15%, mais pour pouvoir se maintenir dans le capital du groupe, il avait dû renoncer à son droit d'intervenir en matière de gestion opérationnelle de l'activité de l'avionneur. Il s'agit du pacte d'actionnaire négocié par Lionel Jospin (premier ministre) et Strauss-Kahn (ministre de l'économie) à l'époque.   
 
 
Par Ego
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Vendredi 16 mars 2007

          

                 Rappelez-vous cette petite phrase de Nicolas Sarkozy : « Nettoyer au Kärcher » (employée à propos de la cité des 4000), elle en aura fait du bruit !

             

Peu de temps après je m’étais demandé quelle pouvaient être les répercussions de tels propos sur l’image de marque du leader mondial du nettoyage haute performance : A-t-il vendus plus d’appareils ou au contraire les consommateurs se sont-ils détournés de leurs produits ?

            

Si Kärcher perd des parts de marché et doit réduire ses effectifs, le président de l’UMP sera-t-il rendu responsable des licenciements ? Le gouvernement doit-il intervenir pour sauver ces emplois ? 
        
Aucune réponse n’est donnée à ces questions, en tout cas la société a décidé de sortir de l’ombre. Voilà sur quoi je tombe en feuilletant aujourd’hui un grand hebdomadaire : 
    Cliquez sur l'image pour voir ledit communiqué (source Le Figaro)
      
      
Quand on connaît la valeur que peut prendre une marque 
                               Coca Cola                             67 Mds $
                               McDonald’s                           25 Mds $
                               Gillette                                 17 Mds $
                               Sony                                    13 Mds $
                               Nike                                      9 Mds $
                               Apple                                    7 Mds $
                               Levi’s                                    3 Mds $
   
      
      
      
… la question qui se pose est : pourquoi a-t-on tant attendu chez Kärcher, si les propos du ministre de l’intérieur nuisent vraiment à la marque ?
    
    
    
Alors est-ce simplement un bon moyen de se faire un peu de pub en pleine campagne électorale ? Le porte-parole de Kärcher France s’en défend. 
En tout cas, voulu ou non, je leur tire mon chapeau, car même moi je me mets à parler d’eux !
         
Vraiment sont trop fort les supers laveurs
     
     
   
Par Ego
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