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Théories économiques

Mardi 26 décembre 2006

La récente décision de Johnny Hallyday de devenir résident suisse dans le but, avoué, de payer moins d’impôt soulève plusieurs questions en matière de fiscalité internationale. L’une d’entre-elle concerne la possibilité pour les pays de se livrer à une « concurrence » dans ce domaine.

 

 

 

  

  

La concurrence fiscale entre deux pays fait apparaître le risque de moins-disant (race to the bottom) :

 

Considérons deux individus : Johnny et Florent et deux pays : la France et la Suisse.

=> Si les deux pays pratiquent un taux d’imposition sur la fortune équivalent (disons 30%), Johnny et Florent se répartiront chacun dans un pays différent (pour seulement deux personnes le phénomène n’est pas évident, mais à grande échelle  la répartition étant aléatoire selon les règles de probabilité, celle ci sera donc équitable). Supposons également que les deux individus ont une fortune qui s’élève à 100, chaque pays reçoit 30 d’impôt.

=> Si la Suisse décide maintenant de pratiquer une imposition de 20% alors que la France maintient son niveau à 30%, Johnny et Florent s’installeront en Suisse et la recette de cette dernière sera de 40 (20+20) alors que le France ne recevra rien.

Dans cette situation, la France va être tentée de ramener son niveau d’imposition à 20% (c’est ce qu’espère Johnny Hallyday du gouvernement français et à plus forte raison du candidat qu’il soutient : Nicolas Sarkozy). Mais la Suisse risque de vouloir maintenir son avantage fiscal et peut faire passer son impôt sur la fortune à 19%.

 

Et ainsi de suite,  les taux d'imposition et  les recettes de chaque pays tendent à terme vers zéro !

Notons que c’est ce phénomène qui pousse certains pays à revendiquer la mise en place d’une harmonisation fiscale à l’intérieur de l’UE (où le Luembourg joue un rôle analogue à la Suisse de notre exemple), afin de s’entendre, ex ante, sur un niveau de taxation optimal pour chaque pays. Cette question n’est d’ailleurs toujours pas réglée.  

 

 

Evidemment, si on dépasse le modèle économique on comprend que d’autres paramètres entrent en jeu pour décider de l’endroit où on placera son capital dans le but de réduire ses impôts, néanmoins l’expérience montre qu’il existe bien un seuil à partir duquel certains sont prêts à tout mettre en œuvre pour bénéficier du régime fiscal qui leur est le plus favorable.

 

 

Au-delà d’un risque de diminution tendancielle des recettes fiscales pour les pays engagés dans un processus de « moins-disant » et qui pose la question du financement des biens publics à très long terme, le problème réside essentiellement dans la menace d’une taxation inéquitable et inefficace des facteurs de production.

En effet vous aurez compris que le risque de « moins-disant » n’est présent qu’en raison de la mobilité certaine du facteur capital. Donc les gouvernements peuvent être tentés de détaxer ce facteur, extrêmement mobile, et de reporter cette taxation sur le facteur de production le plus immobile : le travail.

Non seulement ceci serait inéquitable mais également inefficace puisqu’il est reconnu que les coûts introduits par la fiscalité augmentent exponentiellement avec les taux d’imposition, d’où l’intérêt d’élargir l’assiette fiscale plutôt que d’augmenter un impôt (Cf. les théories macro-économiques de l’impôt).

Dans une interview accordée à Paris-Match (21/12/2006), Johnny Hallyday précise qu’il conserve sa carte d'électeur en France, et qu'il continue à voter Sarkozy. Enfin il ajoute que "s'il [ce dernier] réforme l'impôt sur la fortune et les droits de succession, comme il le [lui] a souvent répété, eh bien, [il] reviendra en France".

Mais la France a-t-elle intérêt à tenter de rivaliser avec la Suisse en matière de fiscalité ? Et à quels risques ?

 

 

 

C’est pour que des réponses à ces questions soient apportées qu’il m’a semblé intéressant de montrer la difficulté de concurrencer un pays sur des questions de fiscalité. 

Si la diminution de l’impôt sur la fortune entre dans le débat politique pour les présidentielles, il conviendra que, nous électeurs, nous nous posions les bonnes questions afin de ne pas rester en superficie du problème.

 

Par Ego
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Jeudi 28 décembre 2006

Depuis quelques temps déjà le leader de l’UMP martèle qu’il est irrationnel de penser qu’on peut « gagner plus en travaillant moins », et l’ancien ministre de l’économie ajoute que, lui, propose au contraire aux Français le choix de « travailler plus pour gagner plus ». 

 

Mais si les politiques ont pour but d’améliorer mon bien-être, me proposer de « travailler plus pour gagner plus », me paraît être une plaisanterie ou plutôt une vraie lapalissade !

 

 

On n’arrête pas de nous répéter qu’il est impossible de gagner plus en travaillant moins. Comprenez : augmenter son salaire alors qu’en parallèle on réduit son temps de travail ! Et bien c’est absolument faux.

 

Economiquement, affirmer cela est inepte car on remettrait en cause le principe même de gain de productivité : Le "travailler mieux" !

Grâce aux gains de productivité la croissance de l’output (la production) est supérieure à celle de l’input (les intrants utilisés pour la production). Ce qui permet, soit d’augmenter la richesse produite et donc le revenu (d’où la possibilité d’augmenter les salaires), soit de maintenir la production constante tout en diminuant l’input utilisé (par exemple les heures de travail). 

 

Un exemple clair :

Soit un artisan qui fabrique des chaises, qu’il vend au prix de 30€ la pièce. Au moment où il crée son entreprise il met 2 heures pour fabriquer une chaise, à raison de 8 heures de travail par jour, il en fabrique 4 quotidiennement et perçoit donc 120€ par jour. Au bout de plusieurs années, son habileté et son savoir faire accrû (ce qu’on appelle les effets d’expériences), lui permettent de n’avoir besoin que d’une heure pour la fabrication d’une chaise. Il en fabrique donc 8 par jour et gagne 240€ quotidiennement.

A cette productivité, il lui suffit de travailler 4 heures par jour, pour percevoir autant qu’en début de carrière. Imaginons qu’il décide de travailler 5 heures par jour et il percevra 150€ quotidiennement, soit 30€ de plus qu’au moment où il débutait alors qu’il travaille 3 heures de moins !

 

Notons qu’empiriquement, de nombreuses études montrent qu’on travaille de moins en moins et qu’on gagne de plus en plus, et ce, depuis…la nuit des temps !

 

 

=> Les gains de productivité font qu’on peut gagner plus en travaillant moins. Smith l’avait  déjà démontré au 18ème siècle en s’intéressant à la division du travail dans une fabrique d’épingles… 

 

 

En conclusion, que l’on souhaite remettre en question les 35 heures est légitime et même sain, car on sait aujourd’hui que la mesure obligatoire a posé de nombreux problèmes dans certains secteurs et surtout qu’elle n’a pas permis la réduction de chômage attendue. 

En revanche, qu’on utilise de faux arguments économiques infondés pour justifier cette critique me paraît absolument inadmissible.   

Par Ego
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Jeudi 4 janvier 2007

Ayant expliqué dans mon précédent article la rémunération par stock options en m'appuyant sur la Théorie de l'Agence, mais n'ayant pas pris le soin d'expliquer cette dernière, je corrige ici cet oubli !

 

Veuillez noter que la deuxième partie de cet article repose pour une grande part sur l'article Agency Models in Law and Economics d'Eric A. Posner (fils de Richard Posner), paru en 2000 dans le  John M. Olin Law & Economics Working Paper NO. 92 de la Law School of Chicago.

L'article original ici.

 

 

A l'origine : une théorie de l'agence pour comprendre la firme

 

« Les directeurs de ces sortes de compagnies (les sociétés par actions) étant les régisseurs de l'argent d'autrui plutôt que de leur propre argent, on ne peut guère s'attendre à ce qu'ils y apportent cette vigilance exacte et soucieuse que des associés apportent souvent dans le maniement de leurs fonds ». Cette citation de Smith[1] montre bien que l'intérêt soulevé par les problèmes liés à la relation d'agence est aussi ancien que la discipline économique elle-même.

 

Il faudra néanmoins attendre 1932 pour que A. Berle et G. Means[2] approfondissent les problématiques issues de la divergence d'intérêt entre celui qui dirige et celui qui possède l?entreprise.  C'est ainsi que naîtra le premier cas de relation principal/agent, à travers l'étude des rapports entre managers et actionnaires

S'appuyant notamment sur la théorie des droits de propriété d'Alchian et Demsetz[3], Jensen et Meckling vont encore plus loin et s'intéressent à l'ensemble des contrats qui ont lieu au sein de la firme. Cela les amène à définir la relation d'agence ainsi : « un contrat par lequel une ou plusieurs personnes (le principal) engage une autre personne (l'agent) pour exécuter en son nom une tâche quelconque qui implique une délégation d'un certain pouvoir de décision à l'agent »[4].

C'est d'ailleurs cette définition qui les engage à considérer la firme comme « un noeud de contrats ». C'est-à-dire un mode d'organisation dans lequel les acteurs sont liés entre eux par des successions de contrats plus ou moins formels.

La question qu'ils soulèvent est de comprendre, dans ce contexte, quel type de contrat satisfera au mieux les deux parties engagées dans la relation d'agence tout en minimisant les coûts de leur contractualisation, i.e. les coûts d'agence.

 

On comprend bien que l'approche de ces différents chercheurs consiste essentiellement en une tentative d'explication, ou en tout cas de compréhension, du fonctionnement de la firme. Aussi ces travaux s'inscrivent-ils dans le sillage de la théorie économique des organisations initiée par Coase[5] qui reprochait au courant traditionnel de se contenter d'appréhender la firme comme une boîte noire et qui, au contraire, voulait expliquer l'existence de l'entreprise comme mode d'organisation alternatif au marché.

 

 

L'universalité de la relation principal-agent

 

Posner nous explique comment le contrat résout tout problème principal-agent.

 

Posner prend l'exemple d'un individu qui, cherchant à vendre sa maison, se tourne vers les services d'un agent immobilier. Il mentionne  deux difficultés essentielles. Premièrement les intérêts de ces deux acteurs peuvent diverger : le propriétaire ayant intérêt à ce que l'agent immobilier développe l?effort maximal pour vendre la maison, alors que l'agent immobilier peut avoir une tendance naturelle à fournir un effort minimal (aléas moral). La deuxième difficulté réside dans l'impossibilité pour le propriétaire d'évaluer l'effort de son agent immobilier, en raison d'une asymétrie d'information et donc de le rémunérer selon cet effort. Cette situation représente un cas classique de problème principal-agent.

La solution de ce problème consiste en une contractualisation entre les deux parties. Mais quel est le meilleur contrat ?

 

Pour répondre à cette question, Posner part d'un contrat de base (sa baseline), situation dans laquelle le contrat est optimal puisque on fait l'hypothèse que le vendeur peut parfaitement contrôler le travail de son agent immobilier.

A partir de ce contrat de base, il relâche son hypothèse d'information parfaite et étudie différentes alternatives de contrat envisageables afin de parvenir aux meilleurs pour les deux parties. Son raisonnement l'amène à envisager un contrat mixte (mixed contract) qui allie à la fois une motivation monétaire pour encourager l'agent immobilier à fournir l'effort maximal afin de vendre la maison à un prix élevé, et la garantie d'un revenu minimal dans le cas d'une vente à un prix faible (protection contre le risque).

 

L'auteur constate que dans la réalité, les contrats entre agents immobilier et vendeurs sont proches de celui que nous prédit la théorie de l'agence, mais pas exactement identiques, puisqu'ils consistent en l'attribution d'une commission sur la vente à l'agent immobilier, mais que cette commission est stable, i.e. n'augmente pas avec le montant du prix de vente.

Pour Posner, c'est parce que la théorie de l'agence est trop simple (too simple).

 

Voici quatre complications (liste non exhaustive), qui nous montrent bien pourquoi la théorie de l'agence ne constitue qu'une représentation simplifiée de la réalité :

1- L'agent a souvent plusieurs tâches à réaliser, ou en tout cas, ces tâches sont plus complexes que celles présentées précédemment.

2- Il se peut que plusieurs agents soient impliqués dans la relation. Par exemple dans le cas d'un employeur qui a divers employés.

3- Il peut aussi y avoir plusieurs principaux. C'est le cas quand un directeur général doit rendre des comptes à un groupe d'actionnaires dont les intérêts peuvent varier entre eux.

4-  On peut imaginer que le principal soit également agent et réciproquement dans une relation contractuelle. Ainsi lorsque deux associés créent ensemble leur cabinet d'avocat, chacun est impliqué avec l'autre dans une relation qui le fait aussi bien jouer le rôle du principal que celui de l'agent.

 

 

Néanmoins, quelle que soit la situation Posner nous rappelle bien que toutes ces complications apportées à la théorie de l'agence ne remettent pas en cause sa validité, mais rendent simplement plus confuse la mise en place du contrat optimal. 

 

D'ailleurs pour l'auteur, les relations d'agence telles que celles qui lient agent immobilier et vendeur, apparaissent dans des situations très variées et à tout niveau de la société :

C'est le cas entre un propriétaire et un locataire d'appartement, entre un directeur d'entreprise et ses actionnaires, entre une compagnie d'assurance et ses clients, entre un médecin est ses patients, entre le propriétaire d'un restaurant et ses serveurs, entre les politiques et leurs citoyens, entre les juges et le congrès (American Congress) et même les citoyens entre eux.

 

 

Voilà pour une explication succincte de la théorie de l'agence.

Pour résumer, on parle de relation principal-agent lorsqu'un principal cherche à obtenir d'un agent qu'il maximise sa satisfaction alors qu'on se trouve dans une situation d'asymétrie d'information au détriment du principal. Ce problème se résout grâce à la contractualisation. 


 


 

[1] A. SMITH 1776, Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations, Tome 2 p.401

[2] A. BERLE ET G. MEANS 1932, The modern corporation and private property, Commerce Clearing House, N.Y., 1932

[3] A. ALCHIAN ET H. DEMSETZ 1972, Production information costs and economic organisation, American Economic Review vol. 62, n°5 

[4] M. JENSEN ET W. MECKLING 1976, Theory of the firm: managerial behavior, agency cost, and ownership structure, Journal of Financial Economic pp. 305-360

[5] R. COASE 1937, The Nature of the Firm  

 

Par Ego
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Lundi 5 février 2007
              Cette période électorale est propice à un petit rappel concernant un problème posé par la difficulté d’ordonner des préférences de vote dans nos démocraties. Ce problème a été mis en évidence pour la première fois par Nicolas de Condorcet en 1785 dans son Essai sur l’application de l’analyse à la probabilité des décisions rendues à la pluralité des voix, d’où le nom de Paradoxe de Condorcet.
 
Dans cet ouvrage Condorcet montre que l’agrégation des préférences individuelles ne peut pas permettre d’assurer, à coup sûr, un choix collectif cohérent.
 
Un exemple classique est celui de trois amis qui décident d’aller au cinéma, ils hésitent entre trois films et chacun à ses préférences. Pour trancher ils décident d’utiliser le principe de la majorité, or dans certains cas le problème est insolvable (voir ici).
 
En d’autres termes les procédures de décision à la majorité des voix peuvent donner lieu à des résultats paradoxaux. Dans ce type de cas le vote à la majorité ne permet pas d’effectuer un choix, mais seulement de comparer des solutions entre elles.
 
 
Mais quel est le lien avec nos élections présidentielles ?
 
Kenneth Arrow ira encore plus loin que Condorcet et montrera mathématiquement en 1951 avec son célèbre théorème d’impossibilité (ou de la démocratie impossible) qu'il n’existe aucun système électoral qui permette indiscutablement et démocratiquement de transformer choix individuel en choix collectif.
 
Mais alors quelle est donc la légitimité de tel processus électoral par rapport à tel autre ?
Autrement dit, doit-on nécessairement accepter, par exemple en France, notre procédé de désignation du président de la République : majorité absolue et duel de second tour ?
 
Alors qu’on pourrait, entre autre, envisager :
- Vote pondéré : On peut choisir plusieurs candidats préférés
- Election à un tour : Celui qui gagne est en un tour celui qui obtient le plus de voix.
- Elections à un tour de moins qu’il y a de candidats : à chaque tour on évince le candidat qui obtient le score le plus faible.  
- Elections par paire : chaque candidat rencontre tous les autres candidats et celui qui obtient le plus de victoires remportent les élections.
- Majorité qualifiée
  
Il est intéressant de remarquer que pour des candidats parfaitement analogues, tous ces modes de scrutin (qui sont, dans l’absolu, tous aussi légitimes) sont susceptibles d’aboutir à des résultats parfaitement différents.
Ce qui peut également nous amener à nous interroger sur une possible manipulation des résultats liée au mode électoral choisi.
 
 
 
Charge à vous, maintenant, de trouver le processus électoral qui vous paraît le plus approprié
 
Personnellement j’aime beaucoup l’idée du vote pondéré (voir ici).
 
Par Ego
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Jeudi 22 février 2007
« Je suis convaincu que le libéralisme est voué au même échec que le communisme et qu'il conduira aux mêmes excès. L'un comme l'autre sont des perversions de la pensée humaine ».
- Jacques Chirac, confession faite à Pierre Péan - 
 
Ces propos de notre cher président traduisent bien l’image désastreuse qu’ont les Français du libéralisme. Nous ne parvenons pas à dissocier la pensée libérale du domaine économique, pire, nous la présentons comme une doctrine plaçant l’argent au dessus de toute chose, l’Homme y compris. Une idéologie sur mesure pour les riches et les puissants, qui prône l’écrasement des faibles et accroît les inégalités.
 
Récemment j’ai obtenu du Président du Parti Libéral du Tchad, l’autorisation de reprendre sur mon site, un article qu’il a écrit en 2006. Ce qui m’inspire à sa lecture est que nous, Français, sommes des enfants gâtés de la liberté, tellement gâtés que nous ne prenons pas la peine de comprendre toute la dimension philosophique qui se cache derrière le terme de libéralisme et en oublions ses apports considérables pour notre société
 
 
Le libéralisme?

Sait-on vraiment ce qu’est le libéralisme? Voilà une question qui mérite d’être posée, en ces temps où au Tchad des millions de nos compatriotes sont devenus des moins que rien ou de véritables laissés pour compte, être libéral, c’est presque la solution attendue. Les citoyens pensent que l’ensemble du pays doit devenir libéral, voire “ultra-libéral”, mais qu’est ce donc que le libéralisme ? Est-ce une idéologie faite sur mesure pour les riches et les puissants ? C’est à ces questions que je vais tenter de répondre le plus clairement possible.
Pour faire court, le libéralisme est un courant de pensée, ou un ensemble de courants de pensée visant à faire reconnaître la primauté de l'individu.
On définit souvent le libéralisme par ces quelques principes, que l’on retrouve dans la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen :
• l’égalité en droit;
• la liberté individuelle et la responsabilité qui en découle;
• la propriété privée ;
• le droit de résistance à l’oppression;
• la recherche du bonheur et la sûreté.
On pourra alors parler de libéralisme moral: C'est l'individu qui est le plus à même de choisir la voie de son bonheur. Je ne vais pas lui imposer mon opinion et chercher à faire son bonheur contre son gré. Le libéral sera donc par exemple contre une position rigide et prônera la plus grande liberté de choix possible pour chacun dans le respect des libertés des autres membres de la société.
Politiquement le libéralisme se retrouve dans la séparation des pouvoirs chères à Montesquieu: Diviser le pouvoir pour éviter qu'un individu ou un groupe d'individus puisse exercer son arbitraire sur la société toute entière. Ainsi la nomination par le président polonais de son frère au poste de premier ministre inquiète les libéraux de tout bord qui voit les pouvoirs se concentrer en peu de main.
En dernier le libéralisme est économique. Cela consiste à reconnaître que chaque individu a le droit de profiter des fruits de son travail. "L'homme qui produit alors que d'autres disposent de ce qu'il produit est un esclave. Celui qui produit alors que l'Etat lui en prend la moitié, est un demi esclave." (Jacques de Guénin)
Alors oui le libéralisme est un humanisme car il part de l'homme et le place au coeur de toutes choses à la différence des "constructivismes" qui consistent à concevoir une société humaine comme s'il s'agissait d'une mécanique que l'on peut fabriquer à partir d'un plan. Cette ambition de modifier l'état de la société en agissant par la contrainte, en imposant à tous les individus des objectifs qui seraient ceux de « la société » (la croissance, la santé, la sécurité sociale etc.) relève finalement d'une prétention à l'omniscience. Le libéralisme au contraire dénonce l'absurdité de vouloir faire rentrer les comportements humains dans des équations mathématiques et défend la liberté individuelle face aux plans.

Le libéralisme est enfin une éthique de la responsabilité. Un individu libre de ses choix en est également responsable. Responsabilité qui est exigeante et peut effrayer. "Liberté implique responsabilité. C'est là pourquoi la plupart des hommes la redoutent".
 
MIKA –L. YONDOLOUM Président du PLT
Parti Libéral du Tchad le 25.10.2006 à 06:35
 
 
 
M. Yondoloum m’a, en outre, demandé de préciser que son parti voulait faire la différence entre :
- Le libéralisme : Laisser le libre choix et l'entière responsabilité à toute personne d'être, de penser et de faire ce qu'elle veut et d'agir et se comporter comme elle le veut, de faire dans la plus grande tolérance tout ce qui lui plait, tout ce qui ne nuit pas fondamentalement à autrui et au bon fonctionnement global de la société, et en conséquence lui permettre de pouvoir exercer pleinement, intégralement et sans aucune restriction ni censure d'aucune sorte tous ses
droits fondamentaux et libertés individuelles et collectives. Le PLT est en désaccord avec le « forcing » des gouvernements africains, l’arbitraire et tous les abus et le despotisme maladif des dictatures africaines. Le PLT est donc pour favoriser la libre entreprise en garantissant la libre concurrence, la justice et la loyauté, mais en restreignant l'intervention de l'État
- Le capitalisme : Qui donnerait la primauté du capital sur le travail, le savoir, l'intelligence et la créativité, qui par définition empêche les moins forts, et les moins puissants ou fortunés d'exercer librement leurs choix. Le PLT désapprouve le fait de réduire à une peau de chagrin les obligations de quelques uns au dépend de tous les autres.
   
  
Par Ego
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