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Ecologie

Mercredi 13 décembre 2006

Les politiques de tout bord ont compris qu'en France on ne gagne pas des élections en proposant des idées originales, mais en reformulant celles des électeurs. C'est ce que certains appellent populisme, je préfère en ce qui me concerne le terme de consensualisme car il rend mieux compte de cette volonté prégnante de satisfaire un désir collectif. 

 

L'écologie est dans cette optique un thème rêvé et ce pour quatre raisons :

 

- Premièrement car il renvoie au summum du lieu commun « Il faut sauver la planète », sujet au combien simple car ne justifiant dans sa forme élémentaire aucune remise en question.

- Deuxièmement car il s'agit d'un concept fortement « mediagénique » : Graphiques, schémas, animations en 3D, avis d'experts, etc. le tout de préférence à forte intensité catastrophiste ! Or ces prévisions alarmistes sont très facilement assimilées par l'Homme, qui est naturellement profondément inquiet.     

- Troisièmement, car il s'agit là d'un thème qui n'engage que très peu un gouvernement. En effet l'écologie a cela de plus fort que la plupart des thèmes électoraux, qu'elle n'engage que ceux qui veulent bien s'y impliquer. En d'autres termes ce n'est pas le gouvernement qui décide de sauver la planète mais bien l'ensemble des gens qui la peuplent. Le plan Delanoë pour la ville de Paris en est une preuve parfaite : Le maire se fait élire en promettant qu'il réduira la circulation des voitures dans Paris, il encourage l'utilisation des transports publics au détriment de la voiture par de vraies mesures, mais finalement il n'y a que plus d'embouteillages car les Parisiens ne renoncent pas à leur voiture.

En fait si la conscience collective est sincèrement sensible à la cause écologique, nul n'est prêt à changer radicalement ses habitudes.

 

Donc les candidats ont davantage intérêt à s'impliquer sur un thème électoral qui ne prête à aucune conséquence, plutôt qu'à prendre position sur des questions économiques, ou de politiques internationales par exemple.

 

En conclusion, il me semble particulièrement dangereux de voir une campagne présidentielle glisser vers un sujet, certes important, mais qui a tendance à l'être au détriment d'autres qui le sont bien plus.

Par Ego
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Vendredi 22 décembre 2006

Il ne s’agit pas dans cet article de nier l’existence d'un impact de l’activité humaine sur l’environnement et en particulier sur le réchauffement climatique à moyen terme, mais d’essayer de comprendre pourquoi la présence de preuves démontrant ce réchauffement, dès aujourd’hui, semble faire l’unanimité, alors que le monde scientifique est loin de parler d’une seule voix sur la question (Cf. les récents travaux, polémiques, de C. Allègre notamment*).

 

 

La théorie des stakeholders nous enseigne que tout phénomène humain est le résultat de l'action individuelle des parties prenantes en présence, cherchant à défendre leurs intérêts propres.

Cette théorie devrait nous permettre de cerner pourquoi les différents acteurs concernés ont tout intérêt à relayer uniquement le message le plus catastrophiste. 

 

- Les scientifiques / chercheurs : La recherche est un monde difficile, le manque de financement, la difficulté de faire connaître ses travaux, sont autant de paramètres qui pèsent lourdement sur les chercheurs. Dans ce contexte un message alarmant permet d’attirer l’attention sur ses travaux, et ainsi, d’obtenir des financements de l’Etat pour prolonger ses recherches. Il permet par ailleurs d’appâter le secteur privé qui veut s’impliquer dans cette lutte et est donc prêt à investir des sommes très importantes.    

 

- Les médias : Combien d’émissions de télé, de journaux, de débats radiophoniques, ont pour sujet les risques du réchauffement de la Terre  ? Dérèglement climatique, montées des eaux, multiplication des catastrophes naturelles, etc. sont autant de thèmes chocs qui agissent sur le caractère anxiogène de la population. A la manière des reportages de Charles Villeneuve, les informations relayées suscitent l’intérêt et permettent d’augmenter les parts d’audience.

 

- Les entreprises : Pendant longtemps les actions en faveur de l’environnement n'étaient comprises qu'en termes de coûts pour les entreprises. Or depuis peu, il apparaît clairement que la tendance s'est inversée et que le développement durable fait figure d’investissement en communication pour ces firmes. Pour s’en convaincre il suffit de voir toutes les publicités qui ont pour thème l’environnement. On peut légitimement se demander si une telle communication n’a pas pour but essentiel une valorisation de son image et donc une capitalisation sur sa marque.

Par ailleurs, le respect de l’environnement peut constituer un véritable avantage concurrentiel pour l’entreprise. Il est probable que d’ici peu de temps, des labels relatifs à des niveaux maximums d’émission de gaz à effet de serre (lors de la production des biens vendus) se multiplient. Ces labels permettant aux firmes de se différencier de leurs concurrents et donc d’attirer les consommateurs. L’avantage joue alors à plein dans un contexte de concurrence internationale, où les entreprises des pays en développement ne peuvent satisfaire à ce type de conditions pour des raisons de coût.  

- Les politiques : Comme je le mentionnais dans un précédent article (13/12/2006), les politiques ont tout intérêt à faire porter les débats sur un sujet qui ne les engage que peu et donc à attirer l’attention sur le réchauffement climatique, quitte à exagérer la situation actuelle. Voilà pourquoi l’écologie est devenu un thème central de la campagne pour les présidentielles en France.  

 

Encore une fois je ne veux pas remettre en cause le réchauffement de la planète, mais essayer de prendre la mesure réelle de la situation, afin d'optimiser nos actions. En effet la menace, en déformant la réalité, est qu'une telle communication faussée ait un effet parfaitement contre-productif sur la population, qui risque à terme de se désengager du problème.

 

*Vous pouvez en cliquant ici retrouver le fameux article de C. Allègre qui a suscité bien des débats depuis, et qui a le mérite de se poser à contre-courant de la pensée collective.

Pour tous les sceptiques je tiens à rappeler qu’Allègre est un Géologue émérite, qui s’intéresse depuis longtemps aux problèmes écologiques et qu’il a, entre autre, publié dès 1990 un ouvrage intitulé Economiser la planète (Fayard).

Par Ego
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Vendredi 1 juin 2007
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« Il faut sauver notre planète ! ». Une fois ce constat fait, reste à définir quelles mesures pourraient concrètement permettre aux hommes de ne pas sacrifier les générations futures. Parmi les solutions envisagées, l’utilisation des biocarburants semble être un excellent moyen pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre… sauf que…







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Petit rappel

Les moteurs fonctionnant grâce aux carburants d’origine végétale sont aussi vieux que l’industrie automobile elle-même. Le premier moteur à explosion développé Nikolaus Otto en 1876 utilisait, en effet, déjà de l’éthanol. Cependant le pétrole devenant bon marché au cours du 20ème siècle, et surtout moins instable que l’éthanol (volatilité moindre), ce premier combustible fut rapidement abandonné. Il faudra attendre les deux chocs pétrolier de 1973 et 1979, pour que l’engouement pour les biocarburants reprenne. C’est à ce moment que des progrès techniques considérables dans le domaine, incitèrent le Brésil à se lancer dans l'aventure de l'énergie verte.



Aujourd’hui le Brésil est le leader incontesté dans cette technologie et l’essence vendue aux pompes brésiliennes contient environ 22% d’éthanol. Grâce à une implication étatique majeure, le pays contribue aujourd’hui, à lui seul, à plus de la moitié de la production mondiale de carburant au bioéthanol. Ce qui en fait un modèle pour beaucoup de pays développés, pour qui la lutte contre le réchauffement climatique est devenu une priorité.

Alors, les biocarburants : solution ultime, rien n’est moins certain !
Intéressons-nous au revers de la médaille



cannelarge.jpg Problèmes soulevés

Déstabilisation des marchés agricoles
Aujourd’hui le développement de l’utilisation des biocarburants crée d’importantes tensions sur les marchés agricoles de premières nécessité. D’une part car les agriculteurs ont tendance à se détourner des cultures céréalières alimentaires pour la culture de plantes bioénergétiques, notamment en raison des importantes subventions versées par l’Etat. D’autre part car il peut y avoir concurrence des utilisations : le maïs est par exemple très utilisé pour la production d’éthanol en Amérique Latine, or dans ces mêmes pays, le maïs est également un aliment de base pour une grande partie de la population (et du bétail). Ainsi depuis quelques années, on constate une forte hausse de la demande de maïs par rapport à l’offre et le prix de la céréale augmente de manière non négligeable. J’en veux pour preuve le niveau atteint récemment par le cours du maïs sur le marché boursier de Chicago (plus haut niveau depuis dix ans).



Impacts négatifs sur l’environnement deforestation.jpg
D’une manière plus surprenante, il semble que l’utilisation des biocarburants, si elle permet effectivement de réduire l’émission de gaz à effet de serre, a des impacts plus contrastés sur l’environnement dans son ensemble.
Premièrement, au brésil toujours, les incitations à la culture de plantes bioénergétiques conduisent de nombreux agriculteurs à brûler des parties importantes de la forêt équatoriale et entraîne, de surcroit, une augmentation considérable de l’utilisation d’engrais fertilisants qui ont de graves impacts sur l’écosystème amazonien.
Deuxièmement, la culture du maïs nécessite de grandes quantités d’eau, tout comme celle des cannes à sucre qui doivent être nettoyées avant d’être exploitables. Quand on connaît la rareté de l'eau douce au niveau mondial, il y a de quoi être inquiet !




Remarquons pour conclure que si l’on souhaitait substituer totalement les biocarburants aux énergies fossiles, nous n’aurions pas assez de notre seule Terre pour en assurer la culture.
Alors, les biocarburants : fausse bonne idée ? Pas forcément, mais sachons rester critique ! Le Brésil nous montre depuis plusieurs années que le problème est beaucoup plus complexe qu'un simple manque d'engagement de l'Etat ou qu'un usage décomplexé du lobbying par les méchantes compagnies pétrolières.



Par Ego
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