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Pays en développement

Mardi 20 décembre 2005

Lundi 19 décembre, le sénat a adopté (comme l'assemblée nationale avant lui) la taxe sur les billets d'avion destinée à venir en aide aux pays en développement (PED).

Les critiques qui s'élèvent contre cette taxe dénonçant un risque de distorsion de la concurrence me semble infondées !

Différents acteurs de la profession (notamment M. Le Goff, délégué général de la Fédération nationale de l'aviation marchande (Fnam)) nous expliquent que cette taxe va nuire au jeu de la concurrence et pénaliser les acteurs de l'aviation française dont les prix seront, d'une part supérieurs à ceux de leurs concurrents étrangers, et d'autres part peu compétitifs par rapport aux autres types de transport (train mais également voiture).

Pour comrendre le problème soyons précis ! Cette taxe s'élèvera à 1 euro pour un vol économique intérieur ou vers un pays européen et à 4 euros pour les mêmes vols vers d’autres destinations. Concernant les billets en classe affaires et première, le montant de la taxe sera multiplié par 10. La question est simple le différentiel de prix "avec/sans taxe" peut-il justifier un déplacement de la demande des consommateurs français vers les concurrents internationaux ? En d'autres termes acheteriez-vous votre billet Paris-Toulouse à un voyagiste italien (par exemple) afin de gagner 1 euro si vous voyagez en classe économique et 10 euros si vous voyagez en classe affaire ? (A titre informatif sachez que le prix d'un aller-retour Paris-Toulouse est environ compris entre 40 et 100 euros en classe économique). Dans de tels proportion, parler de distorsion de la concurrence me semble parfaitement mensonger ! D'autant qu'à terme, le but est que la France serve d'exemple à d'autres pays (70 Etat ont d'ores et déjà manifesté leur approbation du principe) et que les prix internationaux s'équilibrent.

Ainsi les chiffres avancés par M. Guérrin, président de la FNAM, d'une perte d'un million de passagers ainsi que la destruction de 3 ou 4000 emplois me semblent tout a fait exagérés.

Notons enfin que ces chiffres ne prennent pas en compte un autre phénomène : la réduction de l'insécurité des touristes. On sait que la première cause de terrorisme international est la misère, or si on participe au développement des pays les plus pauvres, on peut espérer une baisse de l'insécurité et donc imaginer que les Français auront moins peur de partir à l'étranger, d'où des recettes supplémentaires pour les transporteurs et autres voyagistes.

Cette vision, certes très optimiste, a le mérite de montrer qu'un effort en faveur du développement du Sud peut être considéré comme un investissement pour l'avenir !

 

Par Ego
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Lundi 18 décembre 2006

La récente polémique relative à des propos insultants, mais surtout ineptes, tenus par Pascal Sevran dans un de ses ouvrages : « la bite des noirs est responsable de la famine en Afrique », m’a poussé à vous présenter une remarquable théorie économique de la natalité que l’on doit à G. Becker. 

Au cours des années 1960, s’inscrivant dans le mouvement dit « d'impérialisme économique » qui repose sur une extension des principes de l’économie néoclassique à des disciplines variées, une véritable analyse économique des sciences humaines s’est développée au sein de l’Ecole de Chicago. Des auteurs tels que Becker, Posner ou Stigler, utilisant les outils de la microéconomie traditionnelle, ont cherché à étudier des phénomènes divers en raisonnant dans un cadre théorique rigide afin de se dégager de tout principe moral ou idéologique. 

  

 

Cette approche est particulièrement pertinente pour traiter de la natalité. J’essaie ici de synthétiser ce que Becker nous apprend : 

 

Les pays en développement (PED) ont des indices de fécondité supérieurs à ceux des pays avancés car, au sein de ces économies, le coût d’opportunité inhérent à une naissance est très élevé alors qu’il est négatif pour la majorité des familles dans nos pays. 

En d’autres termes, la probabilité d’augmenter son revenu est fonction croissante du nombre d’enfants d’un foyer pauvre, alors qu’elle en est fonction décroissante pour un foyer riche. C’est également ce qui explique pourquoi même au sein des pays développés, les foyers les plus défavorisés comptent en moyenne plus d’enfants que les autres.    

 

 

On peut expliquer ce phénomène par une différence de sens des transferts intergénérationnels : Tandis qu’ils sont descendants dans les pays riches, ils sont ascendants dans les pays pauvres.

En effet les enfants des PED, d’une part, participent très tôt au revenu du foyer et rapportent bien plus qu’ils ne coûtent. Et d’autre part, la probabilité d’avoir un enfant qui réussit (par exemple, partir en occident et comme on le voit régulièrement contribuer au revenu de toute une famille) augmente avec le nombre d’enfants : Transferts des enfants vers les parents.

Au contraire, dans les économies avancées un enfant coûte cher (bien plus qu’il ne rapporte) et ce très souvent jusque tard dans sa vie : Transferts des parents vers les enfants.  

Donc le choix du nombre d’enfants est parfaitement rationnel.  Cela est d’autant plus vrai que la possibilité de limiter les naissances n’est absolument pas liée au niveau de vie. Tous les spécialistes s’accordent à penser que le fort taux de fécondité des foyers pauvres n’est aucunement lié à un manque d’accès à la contraception, par exemple, puisque la transition démographique s’est faite en Europe au 19ème siècle sans contraceptif.    

 

Pour conclure ce n’est pas le nombre d’enfants qui créent des pauvres mais la pauvreté qui incite les parents à avoir beaucoup d’enfants. N’en déplaise à Sevran !

Par Ego
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Mercredi 20 décembre 2006

 Deux ans plus tard : promesses de dons et promesses d’action…

  

Sur les 6,7 milliards de dollars promis au total dans le cadre de l’aide internationale :

- 3,4 milliards de dollars ont été effectivement utilisés

- 670 millions n’ont pas été versés

 

La Croix Rouge internationale aurait reçu 2,2 milliards de dollars :

- Le montant effectivement utilisé par ses soins est de 1,3 milliards de dollars

- 8.000 maisons ont été reconstruites sur les 50.000 promises par la Croix Rouge

 

La France avait promis 79 millions de dollars, seul 1 million a été versé. 

 

Source : Etude menée par la BBC  

 

 

              En matière de prévision économique, le non-respect de la promesse pose de nombreux problèmes. En effet, la plupart des mesures prises aujourd’hui le sont dans le cadre d’anticipation du futur. Par exemple, c’est ce qu’il anticipe de l’avenir qui pousse un agent économique à dépenser, épargner, emprunter, prêter… Donc une promesse non honorée biaise totalement le pouvoir de décision de l’individu. 

Aussi, les pays et institutions qui n’ont pas honoré leur parole, sont-ils non seulement coupables de priver les populations à court-terme des biens promis, mais également de leur ôter leur faculté à se projeter dans le futur et donc de les priver de leur capacité à prendre des décisions rationnelles de long-terme.

Il n'existe, à ma connaissance, aucune théorie économique de la promesse, néanmoins la théorie des jeux permet bien d'analyser comment un individu prend ses décisions lorsqu'il est confronté à un risque de tromperie. Cette même théorie met alors en avant la nécessité du contrat pour se protéger dans le cadre d'un environnement incertain.

Or la difficulté concernant la promesse réside dans le fait que, par définition, elle n'autorise aucun contrat... 

 

Par Ego
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Lundi 8 janvier 2007

Blog-Rank et pays en développement : même galère ! 

La parallèle peut sembler cynique, il n’est pourtant pas anodin…

 

 

Tous les habitués des blogs connaissent la dure loi du blog-rank : mieux on est classé parmi les autres blogueurs (plus le blog rank est élevé) plus notre visibilité augmente, car les mieux classés apparaissent automatiquement sur la première page de la plateforme. On profite alors d’un cercle vertueux : la probabilité que des gens cliquent sur notre blog augmente, donc le nombre de visiteurs croît, et finalement le blog-rank augmente… La boucle est bouclée !

Pour comprendre de quoi je parle : la première page d’over-blog ici (colonne sur la gauche).

 

 

En matière de développement, les théories de la croissance initiées dans les années 1950 montrent une situation analogue. L’idée défendue par Leibenstein notamment, est qu’il existe des trappes de sous-développement au sein desquelles certaines économies sont durablement dans des équilibres de pauvreté. Par exemple les faibles revenus ne permettent pas aux foyers d’épargner, ce qui pèse sur l’investissement et ne permet pas une augmentation de la productivité. Finalement, les revenus restent à des niveaux faibles (Nurske).

 

Mais alors pourquoi certains pays s’en sortiraient mieux que d’autres ?

On peut expliquer ce phénomène en s’intéressant aux effets d’hystérèse (empruntés aux sciences physiques), qui nous montrent que l’état d’équilibre dépend du chemin emprunté pour atteindre cet équilibre. On comprend donc que deux économies initialement très proches peuvent, en raison d’un choc endogène, évoluer de manière très différentes, l’une vers un équilibre de croissance et l’autre vers un équilibre de pauvreté : un choc temporaire peut avoir des effets permanents.

 

Une des solutions proposées par les économistes consiste alors dans la théorie du « push » : une aide exogène au pays qui doit lui permettre de sortir de sa trappe de sous-développement. Il peut s’agir d’un « big push » comme pour Rosenstein-Rodan qui préconise un investissement massif dans tous les secteurs de l’économie (croissance équilibrée) ou d’un « wee push » comme pour Hirschman ou Lewis qui proposent, quant à eux, un investissement dans les secteurs les plus stratégiques (croissance déséquilibrée). 

Dans tous les cas sortir du cercle vicieux du sous développement nécessite la mobilisation de ressources par le biais de mécanismes exogènes : Investissement pour Rostow, demande locale pour Schleifer, progrès techniques pour Romer et Arrow (learning by doing).

 

 

Pour en revenir aux plateformes de blog, on constate que le « push » est depuis longtemps éprouvé : Les modérateurs utilisent des outils pour briser le cercle vicieux suscité par le blog-rank (plus il est faible, moins on a de chances d’attirer des lecteurs et donc il demeure faible !). Les derniers blogs parus, les coups de cœur des administrateurs, les derniers articles publiés, qui apparaissent en première page des plateformes, sont autant de facteurs exogènes qui doivent permettre à un blog ayant un faible blog-rank de remonter à la surface. 

 

Par Ego
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Mercredi 24 janvier 2007
                    Mme Lagarde, ministre française déléguée du commerce a rencontré hier (23/01/07) M. Mandelson commissaire européen au commerce pour lui faire part du refus de la France de toute concession en faveur de la poursuite de la libéralisation des échanges au sein de l’OMC comme le préconise le Doha round.
 
Depuis novembre 2001, le Doha round doit en effet mettre un frein aux subventions accordées par les pays avancés à leurs agriculteurs et aux droits de douane qui pèsent sur les importations de produits agricoles. Ces mesures qui permettent de baisser artificiellement le prix des biens agricoles domestiques bloquent ainsi les débouchés des marchandises en provenance des pays en développement.
Suspendu depuis juillet 2006, le Doha round s’est une fois encore heurté aux intérêts français. Notre gouvernement refuse qu’un pas en faveur de la libéralisation des échanges soit fait, et bloque la poursuite des négociations à l’OMC, tandis que les USA et l’UE étaient prêts à relancer les négociations.
 
 
On croit souvent que la libéralisation des échanges est une revendication des pays riches s’inscrivant dans le processus de la mondialisation et qui nuit donc, naturellement, aux pays les plus pauvres (messages véhiculés par les alter mondialistes notamment).
Or il est avéré que nous, occidentaux, finançons massivement nos produits agricoles (la moitié du budget de l'Union Européenne sert la Politique Agricole Commune) et/ou que nous taxons les importations, afin de rester compétitifs face à des pays qui, eux, ont des coûts de production moins importants.  
A qui profite le crime ?
 
 
- Par exemple imaginez un agriculteur européen à qui 1 tonne de blé coûte 20 euros (coût de production = engrais, main d'œuvre, etc.), s'il veut gagner 10 euros pour vivre il doit la vendre 30 euros.
- Son homologue brésilien, pour qui le coût de revient d’une même tonne de blé n’est que de 10 euros et qui n'a besoin que de 5 euros pour vivre, peut la vendre 15 euros.
=> A ces prix le consommateur préfèrera le blé brésilien.
 
Or, pour reprendre notre exemple, l'Europe va rémunérer son agriculteur afin de lui permettre de vendre son blé moins cher que le brésilien (par exemple 14 euros la tonne) sans qu'il ne détériore son pouvoir d'achat, i.e. en lui maintenant un salaire de 10. Je vous laisse faire le calcul, l'Europe donne 16 euros par tonne à ses agriculteurs.
 
 
Ces mesures nuisent donc à l’essor des agriculteurs au sein des pays en développement, et aux consommateurs au sein des pays avancés, en maintenant une pression à la hausse sur des prix de vente qui auraient tendance à baisser.
 
D’une part la véritable aide au développement ne peut pas consister en une aide humanitaire sans que ne soit revue notre politique commerciale qui favorise une distorsion de la concurrence internationale.
Et d’autre part, on ne peut revendiquer une hausse du pouvoir d’achat en France sans faire porter le débat sur cette question.
 
La libéralisation des échanges peut être une chance pour les pays pauvres et pour les pays riches, à condition que des lois inégalitaires ne maintiennent pas les privilèges de certains.
 
 
 
Evidemment, les différents candidats à l’élection présidentielle ne s’expriment pas sur cette question…trop complexe.

Par Ego
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