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Problèmes franco-français

Vendredi 16 décembre 2005 5 16 /12 /2005 10:05

Ce qui est grave ce n'est pas la dette publique !

Celle-ci s'élève selon le raport Pébereau à 1100 miliards d'euros, soit 66% du PIB français. Certes nous nous trouvons 6 points au dessus du seuil imposé par le Pacte de Stabilité et de Croissance de l'UE et nous faisons peser des tensions inflationnistes sur l'Euro.

Cependant il est important de comprendre que ce qui est grave ce n'est pas la dette publique en elle-même, mais plutôt l'utilisation qui en est faite. Lorsqu'un commerçant contracte un crédit auprès d'une banque pour acheter un fonds de commerce, il réalise un investissement qui permet une activité qui remboursera son emprunt. Dans de telles conditions s'endetter est légitime et même souhaitable !

Et j'en viens à mon explication : Ce que l'on doit reprocher aux gouvernements français qui se succèdent depuis 25 ans, ce n'est pas leur endettement, mais leur incapacité à réaliser des investissements (fussent-ils des emprunts) susceptibles de relancer l'économie : éducation, recherche, armement...

S'endetter est une chose, s'endetter utile en est une autre  !

Par Ego - Publié dans : Problèmes franco-français
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Mercredi 5 avril 2006 3 05 /04 /2006 22:51

Rappelez-vous !  Il y a de cela quelques mois Total annoncait des bénéfices record de 12 milliards d'euros pour la seule année 2005. Beaucoup ont crié au scandale, et certains sont allés jusqu'à réclamer une taxe exceptionnelle sur ces bénéfices !

Je voudrais premièrement rappeler que total fait moins de 1% de son CA en France, ce qui signifie que s'ils décident demain de fermer toutes leurs stations services, cela pèserait à peine sur leur résultat. Par ailleurs si, par la même, ils décidaient de délocaliser leur siège social ils feraient probablement des économies supérieures aux pertes dues à la fermeture de leurs pompes !

 

Bref à critiquer les entreprises qui réussissent on commet une grave erreur et on écarte le véritable problème ! Ce problème est celui de la non-rémunération du capital en France. Selon la recherhce en économie internationale (théorème de Stopler-Samuelson pour ceux que cela intéresse), la mondialisation entraîne naturellement une baisse de la rémunération du facteur de production dont le pays est abondemment doté tandis qu'elle augmente la rémunération de l'autre. Autrement dit la France qui abonde en capital (y compris travail qualifié) devrait assurer une bonne rémunération de ce facteur au détriment du travail non qualifié (Notons que le contraire est avéré dans les pays en développement).

Or justement en France, les entreprise du CAC 40 sont possédés à environ 45% pas des investisseurs étrangers. Notons à ce titre que Total a reversé une somme considérable à ses investisseurs sous forme de dividendes. En d'autres termes Total réttribue à travers les fonds de pension les retraités américains de Miami et très peu les Français.

 

Le véritable scandale est là ! En France on refuse aux petites gens le droit d'accéder à la rémunération du capital ! Dans un contexte où les on se demande comment financer les retraites, une solution est toute trouvée...

 

En tant que citoyens, défenseurs de nos intérêts, nous devrions exiger que les fonds de pension soient autorisés.

 

Pour le moment seul Strauss-Khan (néanmoins libéral et surtout, tres intelligent et pragamtique plutôt qu'idéologue démagogique) va dans ce sens !

Par Ego - Publié dans : Problèmes franco-français
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Jeudi 6 avril 2006 4 06 /04 /2006 19:55

Ne nous méprenons pas ! L'action du député béarnais bien que discutable m'inspire du respect. Je pense néanmoins que dans sa forme comme dans son fond elle est criticable.

Critique de la forme

J'estime qu'on ne peut, lorsqu'on est député, se soustraire au processus démocratique afin de défendre une cause aussi noble fut-elle. La grève de la faim est un procédé tandancieux dans la mesure où il s'agit d'une forme de chantage consistant en la prise en otage d'un corps. Certes il s'agit de son propre corps et à ce titre vous me rétorquerez qu'on peut faire ce qu'on veut, néanmoins on oblige ainsi le parti contre lequel on s'élève à décider de notre vie ou de notre mort, chose pour le moins criticable. D'autant qu'on peut se demander où ce type de chantage doit s'arrêter : Puis-je faire une grève de la faim pour protester contre l'implantation de logements HLM dans ma ville (l'exemple volontairement choisi, fait référence à la prise de position de tout un village français pour justement protester contre de tels logements sociaux) ? Est-il possible d'organiser si on est un futur bénéficiaire de ces logements une contre-grève de la faim ? Qui l'emporterait ? Celui qui survit le plus longtemps ?

On voit bien que la grève de la faim soulève des problèmes complexes. Je ne vais pas faire une grève de la faim pour exiger qu'un certain site d'over-blog dont le contenu m'offense soit fermé, car tout le monde y à droit.

Dès lors on comprend que c'est le droit qui doit permettre de trancher, or faire une grève de la faim c'est subsituer la morale collective à la justice légale, procédé non-démocratique s'il en est, puisque si la justice s'exerce à l'endroit de chacun d'une manière analogue, l'ordre moral  est bien souvent biaisé par le contexte.

 

Critique du fond

Depuis tout petit, je considère que la vie d'un homme où qu'il vive sur la Terre a la même valeur.

Notre cher député béarnais (à qui je souhaite de conserver toute sa santé) dénonce une délocalisation. Premièrement je ne comprends pas qu'une délocalisation, aussi lointaine fut-elle, soit si mal considérée. Ces mêmes personnes qui adoptent des enfants dans les pays en développement où qui donnent de l'argent aux associations aidant les habitants des pays les plus défavorisés, s'élèvent avec force lorsqu'il s'agit de fermer une usine en France pour l'ouvrir ailleurs ! Alors que nous savons tous que le développement passe dans une large mesure par des investissements (directs étrangers : IDE) dans les pays émergents, investissements qui ne sont pas des aides et qui à ce titre vlorisent les populations locales. Aussi je ne comprends pas que l'on puisse refuser qu'un habitant de pays émergent accède à l'emploi (et donc, soyons honnêtes, à une part de la richesse mondiale) sous prétexte qu'on suprime des emplois en France. Cela reviendrait à considérer qu'un étranger à moins de valeur qu'un Fançais !

Enfin, revenons à notre député et comprenons que tout le raisonnement exposé plus haut ne s'applique même pas dans la situation présente puisque : l'usine Toyal en question ne sera déplacée qu'à 65 Km ! (Notons par ailleurs que la direction de Toyal Europe a démenti tout projet de délocalisation, parlant "d'extension" d'activité ; Le Monde 04/04/06).

 

Vraiment je ne comprends plus rien !

Par Ego - Publié dans : Problèmes franco-français
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Vendredi 12 janvier 2007 5 12 /01 /2007 08:52
La question de l'évolution du pouvoir d'achat est devenue un enjeu majeur de la campagne présidentielle. Tous les candidats, à droite comme à gauche, s'engagent à prendre des mesures qui permettront de lutter contre ce fléau.
Cette promesse ne poserait aucun problème si elle ne reposait pas sur une analyse biaisée de la réalité laissant penser que, depuis plusieurs années, le pouvoir d'achat moyen des Français diminue
 
 
En comptabilité nationale on s'intéresse, pour mesurer le pouvoir d'achat, au pouvoir d'achat du revenu disponible brut (RDB). Ce dernier est calculé en déduisant de la croissance des revenus, l'augmentation des prix, les deux étant des moyennes nationales.
Pour déterminer l'augmentation des prix on utilise un indice des prix à la consommation (IPC) qui permet de mesurer la variation, par rapport à une année antérieure, du prix d'un panier de biens. Ce panier est réévalué tous les ans afin de coller au plus juste aux nouvelles habitudes de consommation.
 
Selon l'INSEE, le pouvoir d'achat du RDB, s'il a moins augmenté ces quatre dernières années (+ 1,1 % en 2005), ne diminue absolument pas : voir ici. 
 
Mais alors pourquoi les Français sont-ils persuadés du contraire ?
 
Puisque l'appréciation du revenu se fait assez rationnellement par la population (en tenant compte des variations démographiques au sein d'un foyer), le décalage réalité/perception résulte probablement d'un biais dans l'évaluation de l'augmentation des prix.
 
On peut l'expliquer d'au moins deux manières :
- Premièrement l'appréciation objective se heurte à un problème d'augmentation de la qualité. Par exemple aujourd'hui, un foyer est susceptible de dépenser 1.000€ dans l'achat d'un téléviseur LCD, alors qu'avant que cette technologie n'apparaisse il n'aurait dépensé que 200€ pour l'achat d'un produit à usage analogue. Aussi le phénomène augmente-t-il sensiblement les dépenses du foyer, sans que l'INSEE ne puisse, toutefois, le prendre en compte puisque ces choix de substitution sont le voeu des consommateurs : chacun est libre d'acheter des produits de gamme inférieure.
- Un autre problème est soulevé par un écueil d'estimation des prix. On remarque en effet beaucoup plus les variations de prix, même faibles, qui concernent des biens que l'on consomme régulièrement que celles, fussent-elles élevées, de biens consommés occasionnellement. Or il s'avère que depuis quelques années le prix de certains biens de consommation courante augmente, alors que les baisses se font plutôt sur des biens dont l'achat est épisodique.
 
Prenons l'exemple d'un pack de 4 yaourts vendus 1,30€ et d'un ordinateur portable d'une valeur de 1000€. Depuis 2000, le prix des premiers a augmenté d'environ 10%, soit 0,13€. Sur la même période, le prix d'un ordinateur portable est passé (au minimum) d'environ 1500 à 1000€, soit une baisse de 500€. En d'autres termes il faudrait acheter 3847 lots de 4 yaourts, pour que l'augmentation du prix des yaourts soit supérieure à la baisse du prix de l'ordinateur.
 
Mais la fréquence d'achat du matériel informatique étant beaucoup plus faible que celle des yaourts, on ne se rend pas compte que ces prix baissent.
Le raisonnement peut être élargi à une vaste gamme de produits (vêtements ou abonnements téléphoniques & Internet par exemple) qui dans leur ensemble compenseraient, d'après l'INSEE, la hausse du prix des autres produits.
 
 
 
Il ne s'agit pas dans cet article, en montrant ce décalage, d'affirmer que l'indice de l'INSEE est parfaitement fiable. Mais puisqu'on ne nous présente pas d'indice alternatif sérieux démontrant une baisse du pouvoir d'achat, nous ne pouvons pas le remettre en cause : rappelons que l'avis de la population, même majoritaire, ne peut faire figure de vérité (un petit click ici pour s?en persuader !).
 
 
Enfin la question est-elle de savoir quel est le problème posé par cette confusion entre baisse du pouvoir d'achat et sensation de baisse du pouvoir d'achat.
Son utilisation par les médias constitue une véritable désinformation qui alimente le ressenti des consommateurs et finalement les trompe. Or quand on connaît l'impact du moral et de la confiance d'une population sur sa consommation, composante importante de la croissance, on comprend bien que l'enjeu est crucial. 
D'autre part cela n'incite pas les politiques à s'interroger sur les causes réelles de ce sentiment chez les électeurs et ne les pousse donc pas à agir en conséquence. 
Ainsi si on ne le lui fait pas remarquer, ne nous étonnons pas, dans 5 ans, de voir le gouvernement en place nous certifier qu'il a rempli son engagement de hausse du pouvoir d'achat avec preuve à l'appui...les chiffres de l'INSEE !
 
 
 
 
 
Par Ego - Publié dans : Problèmes franco-français
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Lundi 26 février 2007 1 26 /02 /2007 18:07

On entend souvent que, dans un contexte de mondialisation, la France ne parvient pas à attirer les investisseurs et qu’elle n’est pas compétitive sur la scène internationale

Est-ce vrai ?

 

Justement, une étude réalisée en 2006 par le cabinet Ernst & Young permet de remettre les pendules à l’heure (française) !

 

 

 

 

 

En synthèse, voici les principaux résultats de cette étude sur l’attractivité de la France en 2005 :

 

 

Côtés positifs :

- La France occupe en Europe la deuxième place en matière de captation des investissements directs étrangers (IDE) avec 17,5% d’entre eux contre 18,2% pour le numéro un britannique. Mieux, elle attire plus d’IDE que l’année d’auparavant alors que le Royaume-Uni en attire moins. Les deux pays se placent largement devant leurs challengers puisque l’Allemagne (en troisième position) n’attire que 5,9% des IDE.

 

- La France est le deuxième pays d’accueil de centres de R&D et de sites de production derrière le Royaume-Uni.

 

- Avec 20497 emplois créés sur le territoire par des firmes étrangères en 2005, la France arrive en troisième position, derrière la Pologne , puis le Royaume-Uni. 

 

- Par rapport à 2005, le baromètre 2006 qui mesure l’évolution de la perception de l’attractivité de la France par des dirigeants internationaux a progressé de 14 points pour atteindre 36% d’opinions positives.

Côtés négatifs :

- Le nombre d’emplois créés par projet est très modeste dans l’hexagone : 42, contre un moyenne européenne de 95.

 

- La France a une image nettement moins bonne que celle du Royaume-Uni ou de l’Allemagne pour les investisseurs étrangers : Sur les 18 critères de localisation sélectionnés, à l’exception de la qualité de vie, la France n’est jamais citée en première position par les décideurs interrogés. Le Royaume-Uni (11/18) et l’Allemagne (6/18) se partagent les premières places. 

 

- Les lourdeurs historiques de notre pays son jugées très handicapantes : charges sociales, rigidité du droit du travail, conflits sociaux… tandis que nos atouts nous confèrent de moins en moins d’avantages : niveau de qualification, qualité des infrastructures…  

 

La situation est donc plutôt paradoxale : la France attire énormément d’IDE, alors que son image est dans l’ensemble assez négative.

Ceci s’explique essentiellement par sa position géostratégique clé, qui confère à toute entreprise qui s’y implante un avantage concurrentiel décisif par rapport à ses challengers européens. 

 

 

Il semble en effet que notre beau pays, placé à un carrefour entre Nord, Sud, Est et Ouest, dispose d’un avantage inné par rapport à d’autres territoires européens. 

 

 La question est alors de savoir ce qu’on fait de cet atout :

- Soit nous considérons que le poids de cet avantage va se maintenir face aux inconvénients dénoncés par les investisseurs internationaux et nous n’avons pas besoin de rivaliser en matière de fiscalité avec les autres pays européens.

- Soit nous considérons que cet avantage est fragile et qu’il est intéressant de capitaliser sur d’autres atouts pour attirer beaucoup plus d’investissements et créer davantage d’emplois.

 

 

De manière plus pragmatique : où placer le curseur entre ces deux options ?

 

Que les politiques répondent…

 

 

Par Ego - Publié dans : Problèmes franco-français
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Vendredi 9 mars 2007 5 09 /03 /2007 18:55
 
 
Il y a plusieurs semaines (voir ici) j’ai pris la défense de l’INSEE face aux attaques des politiques qui remettaient en cause son calcul de l’inflation. J’ai même crû bon de souligner l’indépendance de l’institut face au gouvernement…aurais-je eu tort ?
  
  
 
 
Tous celles et ceux qui, comme moi, s’intéressent à l’économie, à la politique et aux politiques économiques, savent que la fin du premier trimestre de l’année est une période cruciale puisque c’est à ce moment que les différents instituts ou autres organismes (plus ou moins indépendants) ont pris l’habitude de publier leurs statistiques de l’année antérieure.
Personnellement, cette année, j’attendais avec impatience les chiffres de l’INSEE concernant le chômage en 2006.
  
  
 
En effet cela fait plus d’un an que le gouvernement de M. de Villepin nous certifie que grâce à sa politique remarquable de l’emploi, le chômage est enfin en train de baisser. Naïf que je suis, et ce malgré des mesures contestables (radiations en tout genre), j’étais prêt à croire le bon vieux Galouseau. Je n’attendais plus que les statistiques officielles pour mettre au bilan du gouvernement au moins un succès indiscutable.
 
Mais qu’apprends-je dernièrement ? Que, malheureusement, cette année, les statistiques du chômage ne pourront pas être rendues publiques avant l’automne, soit après les élections présidentielles…Quel dommage…
 
Alors coïncidence ? Dans le doute on dira que oui !
 
  
   
 
Une chose est certaine : une fuite nous apprend que l’institut aurait évalué le taux de chômage en France en 2006 à 9,8% (chiffre non confirmé officiellement), soit 0,7 points de plus que celui annoncé par le gouvernement lui-même. Sachant qu’habituellement l’erreur entre les deux données ne dépasse pas les 0,2 points, on peut se demander si l’argument avancé par Sylvie Lagarde (responsable du département de l’INSEE qui chapeaute l’enquête) : « les fragilités de l’enquête se sont renforcées en 2006 », est bien la seule raison pour laquelle les Français devront attendre encore quelques mois pour pouvoir juger sur pièce des mesures en faveur de l’emploi mises en place par l’actuel gouvernement.
 
 

Affaire à suivre…

  

Par Ego - Publié dans : Problèmes franco-français
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Mercredi 14 mars 2007 3 14 /03 /2007 12:34
     
    
Un des sujets qui revient le plus pendant cette campagne électorale est celui de la dette publique française. Tous les candidats, ou presque, s’engagent à la réduire. Ils  sont même parvenus à convaincre les Français de cette nécessité.
     
Pourtant une petite mise au point s’impose car, une fois de plus, il ne faut pas croire aveuglément ce qu’on nous dit. Les candidat ont enfin un trouvé un sujet d’économie qu’ils pensent maîtriser, un sujet simple qui a un fort pouvoir sur les esprits, alors ils en profitent et n’hésitent pas à nous raconter n’importe quoi.
     
Sans contradicteur c’est plutôt facile...
   
   
  
Luttons contre quelques idées reçues :
  
 
- L’Etat ne brûle pas l’argent qu’il emprunte : la dette, ce n’est pas uniquement du passif
 
Au bilan comptable d’une entreprise apparaissent, certes les dépenses et les emprunts, mais également l’actif. Quand on parle de l’Etat, non ! Or, lorsque l’Etat dépense 1 million d’euros pour construire une crèche, il est également propriétaire d’un bien matériel. Bien qui peut même prendre de la valeur à long terme. Parler uniquement de dette dans l’absolu est donc inepte si on ne s’intéresse pas à ce que l’emprunt permet d’acquérir.
Par ailleurs, beaucoup de dépenses sont des investissements aux bénéfices intangibles (notamment externalités positives). Par exemple, environ la moitié de la dette sert à payer des fonctionnaires, or encore la moitié d’entre eux sont des membres de l’éducation nationale. Chaque centime dépensé dans ce contexte a des effets positifs sur de nombreuses années.
   
  
- Il faut gérer l’argent d’un pays comme le ferait un bon père de famille
 
Une autre idée largement répandue, est qu’il faudrait gérer l’argent de l’Etat comme le ferait un ménage ou une entreprise. C’est parfaitement faux puisqu’un Etat n’a pas de date ultime avant laquelle il lui faut rembourser tous ses emprunts. Un pays peut vivre durablement avec une dette importante sans que cela ne remette fondamentalement en cause sa pérennité car il n’accroît pas son insolvabilité. En effet, contrairement à un ménage ou une entreprise à qui l’on prête à condition qu’ils remboursent à échéance précise, l’Etat s’endette sur du très long terme (renouvelable).
  
  
- La dette est colossale, voire insoutenable, la France va faire faillite
  
Aujourd’hui la France est endettée à hauteur de 65 % de son PIB, cela signifie-t-il qu’à terme elle risque de faire faillite. Si c’était le cas, le Japon aurait fait faillite depuis bien longtemps car son endettement est d’environ 160 % de son PIB. Quant aux USA avec une dette globale de 63% du PIB, ils nous suivraient bientôt dans le marasme. Autant dire que toutes les économies avancées seraient vouées à une faillite catastrophique à moyen terme.
Certains prennent souvent l’exemple de la crise Argentine pour effrayer les masses. Ils oublient simplement de rappeler qu’il ne s’agissait pas d’une crise budgétaire, mais d’une crise monétaire due à la volonté du gouvernement de maintenir à tout prix la parité de la monnaie dans un contexte de currency board (1 dollar pour 1 peso). Rien avoir avec la situation française...
  
   
- On sous-estime la dette en France
  
Dernièrement encore, j’entendais Thierry Breton nous expliquer que notre dette de 1.200 milliards d’euros devait être revue à la hausse en raison des retraites des travailleurs actuels. Le principe même du système de retraites par répartition, implique que les travailleurs d’aujourd’hui payent les retraites des actuels retraités. Aussi, majorer la dette actuelle par les revenus des futurs retraités est-il parfaitement aberrant puisqu’on ne paye pas d’intérêt aujourd’hui sur un futur hypothétique emprunt.
  
   
- On laisse un fardeau énorme aux générations futures
  
 
La dette est en grande partie composée de dépenses qui sont faites aujourd’hui mais dont les générations futures profiteront autant, ou plus, que les générations actuelles : infrastructures (logements, hôpitaux, écoles…), investissements (éducation, santé, R&D…), etc. Dire qu’on laisse un fardeau aux générations futures n’a pas de sens, puisqu’on leur laisse également un actif considérable.
  
   
     
En conclusion, on attire notre attention sur un faux problème. La question n’est pas de savoir si la dette est trop importante (elle ne l’est pas), mais de savoir si l’argent dépensé l’est de manière efficace (voire efficiente).
 
Les politiques devraient nous expliquer comment ils comptent maximiser l’utilisation de l’argent emprunté, mais sans doute est-ce trop compliqué…pour nous ou pour eux ?
 
 
   
   
Par Ego - Publié dans : Problèmes franco-français
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Lundi 26 mars 2007 1 26 /03 /2007 14:02
   
 
    
         La question est assez simple : puisque tous les spécialistes s’accordent à dire que la mondialisation est, au pire, moins néfaste pour les Français que ce qu'ils en disent, comment pouvons-nous expliquer ce décalage entre perception et réalité ?
    
    
Voici quelques pistes de réponse que j’entrevois :
      
       
     
     
   
1. Une connaissance approximative du phénomène
    
Qu’est-ce que la mondialisation ?
La réponse à cette question est tellement vaste que seule une définition très générale peut permettre d’approcher la vérité.
Voici celle que je vous propose :
  
Processus inachevé et involontaire de montée en puissance, à échelle internationale, des flux d’origine humaine.
  
Autrement dit la mondialisation concerne, certes les échanges de marchandises ou de capitaux, mais également la culture, la connaissance, les idées, les personnes, etc. Aussi le phénomène est-il aussi ancien que l’activité humaine elle-même, les premières grandes migrations en sont une preuve.
  
Pourtant, les Français semblent avoir une vision assez différente de la mondialisation car beaucoup plus restreinte. Avons-nous par exemple conscience que, sans ce processus, les grandes découvertes scientifiques resteraient totalement confinées géographiquement ?
Enfin, le caractère involontaire de la mondialisation, semble empêcher toute tentative de restriction du phénomène
   
Les Français veulent de la mondialisation sans en avoir pleinement conscience.
  
  
2. Les maux sont plus visibles que les bienfaits
  
Voir une usine fermer en France pour être délocalisée heurte violemment les esprits. On peut difficilement ne pas s’émouvoir lorsque deux cents salariés perdent leur emploi de manière si abrupte. Au contraire, les créations d’emplois imputables à la mondialisation n’attirent que peu l’attention car elles sont beaucoup plus discrètes : des entreprises qui, par exemple, augmentent leur production pour faire face à une explosion de la demande mondiale ou d’autres qui, tirant partie des marges réalisées sur une diminution de leurs coûts de production, développent leur activité.
  
Enfin, beaucoup d’entre nous ne s’aperçoivent pas, d’une part, que les prix de certains biens baissent grâce à la mondialisation : une comparaison des prix du textile entre aujourd’hui et il y a à peine vingt ans, permet de prendre la mesure du phénomène. Et d’autre part, que nous n’aurions pas accès à la moitié des biens que nous consommons sans mondialisation.
  
  
3 . L’instrumentalisation politique
  
Souvent les politiques accusent la mondialisation de tous les maux qui touchent la France et parmi eux le chômage arrive naturellement en tête. Est-il pour autant légitime de rendre la mondialisation responsable d’un niveau d’emploi particulièrement bas alors que la plupart de nos voisins, pourtant soumis aux mêmes concurrents internationaux, s’en sortent mieux ?
Rappelons, en outre, que selon la Direction des Relations Economiques Extérieures, à peine 5% du chômage en France peut-être expliqué par des délocalisations.
  
Les politiques se servent de la mondialisation pour justifier leur impotence.
  
  
4. Théorème de Stopler-Samuelson
  
Le modèle de commerce international Hecksher-Ohlin-Samuelson (HOS) explique les échanges transnationaux à partir des différences de dotation initiale en facteur de production au sein des pays. Pour faire simple : la France fortement dotée en capital (forte capacité d’investissement et main d’œuvre qualifiée)  a intérêt à se spécialiser dans la production de biens dits intensifs en capital (nécessitant d’importants investissements et des travailleurs qualifiés). Au contraire, la Chine, largement dotée en travail (main d’œuvre peu qualifiée et peu coûteuse) tirera davantage de bénéfices d’une spécialisation dans la production de biens intensifs en travail. Dans ce contexte, les deux pays gagneront à se spécialiser et à importer les biens qu’ils ne produiront pas.
  
Or, le théorème de Stolper-Samuelson nous apprend que (sous certaines hypothèses, ça reste de l’économie !) la rémunération du facteur de production dans lequel un pays est fortement doté a tendance à augmenter, tandis que la rémunération de l’autre facteur va diminuer.
  
Les Français les moins qualifiés craignent donc naturellement pour leur situation dans un contexte de mondialisation.
  
  
5. La mondialisation modifie les rapports de force
  
Passons sur l’idée que la mondialisation est un jeu à somme positive (i.e. la mondialisation entraîne la création nette de richesses), ceci n’empêche pas que la perception des Français peut en être tout à fait différente.
 
Petit exemple :
 
Situation initiale :                 Pays A a 100 et Pays B a 50
Après mondialisation :          Pays A a 120 et Pays B a 100
  
=> Les deux gagnent mais la « supériorité » de A sur B diminue
 
 
Par exemple, il y a trente ans, la France avait un avantage en terme de niveau de vie sur des pays très proches comme l’Italie, la Grèce, le Portugal, l’Espagne ou l’Irlande. Aujourd’hui, la situation est très différente et ces pays ont atteints des niveaux économiques et sociaux très proches du nôtre.
  
Dans un tel contexte de modification du rapport de force, deux cas de figure se présentent : On peut considérer qu’on vit mieux et se réjouir de voir les habitants d’autres pays vivre mieux également. Ou alors on peut regretter la France du milieu du siècle dernier qui avait un avantage certain sur une grande majorité des autres pays, mais au sein de laquelle on vivait nettement moins bien qu’aujourd’hui.
 
  
 
Alors, et vous, avez-vous peur de la mondialisation ?
  
  
  
Par Ego - Publié dans : Problèmes franco-français
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